Le Nigeria veut se doter d’une usine de vaccins vétérinaires à 88 millions d'euros

Espoir Olodo, Agence Ecofin

À pleine capacité, l’usine devrait produire jusqu'à 1,2 milliard de doses de vaccins vétérinaires par an.
DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

À pleine capacité, l’usine devrait produire jusqu'à 1,2 milliard de doses de vaccins vétérinaires par an.
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Au Nigeria, un projet d’usine de vaccins vétérinaires de 100 millions de dollars, soit un investissement de près de 88 millions d'euros, a été annoncé le mercredi 22 juillet par le ministère du Développement de l’élevage. Portée par l’entreprise privée Vacci Afric Biologics Limited, l’initiative doit permettre de renforcer la santé animale et de réduire la dépendance du pays aux importations de produits vétérinaires.
Cette usine sera développée dans le cadre d’un partenariat de transfert de technologies avec un consortium chinois spécialisé dans les vaccins dont les équipes accompagneront les différentes phases du projet. Dans les détails, les partenaires chinois doivent participer à la conception de l’installation, à sa mise en service et à ses premières opérations, aux côtés d’équipes nigérianes.
Une phase initiale d’exploitation conjointe d’une durée de 24 mois est prévue, avant une étape de mentorat destinée à permettre aux professionnels locaux de prendre progressivement la pleine main sur la gestion du site. À pleine capacité, l’usine est conçue pour produire 1,2 milliard de doses de vaccins vétérinaires par an.
Cette production devra d’abord couvrir les besoins domestiques du Nigeria, puis alimenter les marchés de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), afin de positionner le pays comme un fournisseur régional de vaccins pour le bétail.
Ce projet intervient dans un moment charnière pour la santé animale au Nigeria. En mai, Abuja a validé une feuille de route nationale 2026-2036 destinée à transformer les services vétérinaires et à renforcer la gestion des maladies animales. Ce plan décennal prévoit l’amélioration de la surveillance épidémiologique, le renforcement des capacités des laboratoires, la modernisation des systèmes de vaccination et l’extension des partenariats public-privé sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’élevage.
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Les autorités entendent bâtir un système vétérinaire moderne, résilient et conforme aux standards internationaux, capable à la fois d’augmenter la productivité du cheptel, de protéger la santé publique et de sécuriser les échanges commerciaux d’animaux et de produits d’origine animale.
La feuille de route insiste notamment sur la mise en place de mécanismes de financement durables, l’amélioration du reporting des maladies, le développement d’une stratégie nationale coordonnée de vaccination et l’intégration de l’approche « One Health » promue notamment par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui connecte santé animale, santé humaine et environnement.
Cette ambition répond à une réalité sanitaire complexe. Le pays le plus peuplé du continent reste confronté à plusieurs maladies endémiques comme la fièvre aphteuse, la peste des petits ruminants, la peste porcine africaine ou encore la maladie du charbon, autant de pathologies qui affectent directement la productivité des troupeaux et la sécurité des revenus des éleveurs.
En avril dernier, les autorités ont par exemple signalé à l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) un nouveau foyer de maladie du charbon dans l’État de Zamfara, alors qu’aucun épisode majeur n’avait été déclaré depuis janvier 2025. Ces résurgences rappellent la fragilité du système et l’urgence de disposer de stocks de vaccins adaptés et disponibles rapidement.
Espoir Olodo, Agence Ecofin