Alimentation : comment le Sénégal renforce sa souveraineté

Espoir Olodo, Agence Ecofin

L’initiative ciblera 10 régions du bassin arachidier élargi et en Haute Casamance, deux espaces agricoles essentiels pour la production vivrière et de rente.
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Espoir Olodo, Agence Ecofin

L’initiative ciblera 10 régions du bassin arachidier élargi et en Haute Casamance, deux espaces agricoles essentiels pour la production vivrière et de rente.
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Au Sénégal, le Programme d’appui à la stratégie de souveraineté alimentaire (PASS) est entré dans sa phase de mise en œuvre ce début juillet. Élaborée en partenariat avec le Fonds international de développement agricole (FIDA), la feuille de route coûtera 150 milliards FCFA (environ 228,67 millions d'euros). Elle entend contribuer, sur les 6 années de son déploiement, à la réduction de la dépendance du pays aux importations alimentaires, et à l’accroissement de la résilience de ses systèmes alimentaires face aux différents chocs.
Dans le cadre, l’initiative ciblera dix régions situées dans le bassin arachidier élargi et en Haute Casamance, deux espaces agricoles essentiels pour la production vivrière et de rente. Ses actions porteront autour de plusieurs volets comme l’amélioration de la productivité, de la durabilité et de la résilience des exploitants à travers l’appui technique renforcé, un accès plus structuré aux intrants, un accompagnement des producteurs face aux effets du changement climatique et une amélioration des pratiques agricoles.
Le programme met aussi l’accent sur la valorisation des produits agricoles par l’accès aux marchés territoriaux et le développement de services marchands.
Cette dimension permettra de réduire les pertes post-récolte et d’améliorer les débouchés pour les petites exploitations. Au total, le PASS devrait bénéficier directement à 200 000 ménages, soit environ 2,4 millions de personnes.
Il est attendu comme résultats, l’exploitation d’environ 23 600 hectares selon des pratiques agricoles améliorées et adaptées au climat, la rénovation et la modernisation de 36 marchés locaux ou encore la hausse de 80 % des revenus des producteurs ciblés.
Le lancement du PASS devrait compléter les efforts de la Stratégie nationale de souveraineté alimentaire (SSA) qui est actuellement déployée sur la période 2025-2034. Ce plan d’envergure d’un coût global de 11 334 milliards FCFA (environ 17,278 millions d'euros) veut faire du « Sénégal une puissance agricole sous régionale assurant durablement sa souveraineté alimentaire ».
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Dans le pays qui importe 70% de ses besoins alimentaires (riz, blé, maïs, huiles, fruits et légumes, produits laitiers et sucres), les autorités veulent non seulement parvenir à un accroissement durable des productions et des exportations mais aussi créer des emplois et renforcer la résilience face aux chocs externes. « La hausse des prix alimentaires sur les marchés internationaux a fortement déséquilibré sa balance commerciale durant la période 2014-2021, le coût des importations de produits agricoles ayant augmenté d’environ 6% par an », indique le FIDA.
Dans le cadre de la SSA, l’accent devrait être mis sur plusieurs volets dont la maîtrise des ressources en eau et l’irrigation, l’aménagement des terres, la gestion durable du foncier, l’autosuffisance en semences certifiées, le renforcement des infrastructures, la mécanisation et la sécurisation du pastoralisme.
Il faut noter qu’à côté de cette stratégie, le pays a également lancé en février 2026, son « Pacte AgriConnect », qui vise à transformer les systèmes agroalimentaires et à renforcer la sécurité alimentaire en priorisant les céréales, l’horticulture et l’élevage.
L’initiative, appuyée par la Banque mondiale, ambitionne de parvenir d’ici 2029 à l’augmentation du taux de couverture des besoins en céréales de 48% à 78%, l’atteinte de 64% d’autosuffisance en riz.
Espoir Olodo, Agence Ecofin