Raffinage : Dangote donne corps à son projet géant au Kenya

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

La raffinerie envisagée sur l’île de Lamu au large de la côte kényane, aurait une capacité de 700 000 barils par jour.
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Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

La raffinerie envisagée sur l’île de Lamu au large de la côte kényane, aurait une capacité de 700 000 barils par jour.
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Le groupe Dangote prévoit de financer sa future raffinerie au Kenya par une combinaison de trésorerie interne, d’émissions obligataires et d’une introduction en Bourse, rapporte cette semaine Reuters, qui cite Edwin Devakumar, vice-président de Dangote Industries chargé du pétrole et du gaz. Ces nouveaux éléments donnent plus de consistance à un projet au sujet duquel se sont multipliées les annonces ces derniers mois.
« Le site a été sélectionné, les tests de sol sont en cours, et les travaux de conception et d’ingénierie ont commencé. Le Kenya était le choix depuis le départ », a indiqué Edwin Devakumar. La raffinerie envisagée aurait une capacité de 700 000 barils par jour. Elle serait construite sur l’île de Lamu, au large de la côte kényane, et pourrait nécessiter jusqu’à trois ans de travaux. Elle fournirait le Kenya et les pays voisins en produits pétroliers raffinés.
Le groupe n’a pas communiqué le coût exact de l’infrastructure. Edwin Devakumar a seulement indiqué qu’il serait comparable à celui de la raffinerie de Lekki, au Nigeria. Cette dernière, d’une capacité de 650 000 barils par jour (que la société veut étendre à 1,4 million bpj), a coûté plus de 20 milliards USD, soit plus de 17,54 milliards d’euros, au moment de son démarrage en 2024.
Si le montage envisagé donne une idée de l’ampleur financière du projet, Dangote n’a pas donné de détails sur la part que chaque source de financement devrait couvrir.
Ces annonces marquent une évolution par rapport aux derniers mois, où la question était surtout de savoir si Dangote privilégierait le Kenya ou la Tanzanie. La ville portuaire tanzanienne de Tanga avait été évoquée, avant que le groupe ne se tourne vers le Kenya pour des raisons d’infrastructures, de logistique et de marché.
Pour l’Afrique de l’Est, l’intérêt d’un tel projet est évident. Une raffinerie de grande capacité pourrait réduire la dépendance aux importations de carburants raffinés, à condition de produire à des coûts compétitifs et de disposer d’un approvisionnement régulier en brut.
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Si Dangote dispose d’un précédent avec Lekki, la plus grande raffinerie d’Afrique, son modèle nigérian rappelle aussi les difficultés de ce type de chantier. L’infrastructure a connu des années de travaux, des surcoûts importants et plusieurs défis liés au financement, à l’ingénierie, au change et à l’environnement économique mondial.
Au stade actuel, le projet kényan doit encore franchir plusieurs étapes avant de tenir la comparaison. Les prochains mois devraient apporter davantage de précisions sur le calendrier de mobilisation du financement et sur l’origine du brut destiné à alimenter la raffinerie.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin