Les fonds doivent soutenir le programme égyptien de réformes pour améliorer la compétitivité de l’économie, favoriser une croissance durable et stimuler le secteur privé.
Le nouveau financement s’inscrit dans le partenariat stratégique conclu entre Le Caire et Bruxelles en 2024. Il vise à accélérer les réformes économiques, renforcer le secteur privé et approfondir la coopération dans les domaines de la recherche, de la migration et du développement régional.
L’Union européenne va mobiliser une nouvelle enveloppe de 1,5 milliard d’euros en faveur de l’Égypte afin d’accompagner la poursuite de ses réformes économiques et de renforcer un partenariat devenu l’un des plus stratégiques de Bruxelles dans son voisinage méridional. L’annonce a été faite début uillet par les autorités égyptiennes et des responsables européens, dans le cadre du partenariat stratégique et global conclu entre les deux parties en 2024.
Assistance macro-financière
Cette enveloppe s’inscrit dans le programme d’assistance macro-financière de 5 milliards d’euros accordé par l’Union européenne à l’Égypte. Selon le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, elle constitue la première des deux dernières tranches de 1,5 milliard d’euros encore attendues. Le Caire a déjà bénéficié de 2 milliards d’euros, répartis entre un premier décaissement de 1 milliard d’euros en janvier 2025 et une deuxième tranche de même montant plus tôt cette année.
Les fonds doivent soutenir le programme de réformes engagé par les autorités égyptiennes pour améliorer la compétitivité de l’économie, renforcer sa résilience, favoriser une croissance durable et stimuler le développement du secteur privé. Depuis les chocs économiques liés à la hausse des prix de l’énergie et aux tensions géopolitiques régionales, l’Égypte mène un vaste programme d’ajustement soutenu par plusieurs partenaires internationaux, dont le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne.
À cette occasion, Le Caire a également confirmé son association au programme Horizon Europe, principal instrument européen de financement de la recherche et de l’innovation. Cette participation permettra aux universités, centres de recherche et entreprises égyptiens d’accéder aux programmes européens de recherche et de renforcer leur coopération scientifique avec leurs homologues européens.
Une coopération renforcéesurla migration et le développement
La coopération entre les deux partenaires s’étend également à la gestion des flux migratoires, devenue un axe majeur des relations entre Bruxelles et Le Caire. L’Union européenne a confirmé son soutien au renforcement des capacités égyptiennes en matière de contrôle des frontières, de lutte contre les réseaux de passeurs, de protection des migrants et de développement de voies de migration régulières.
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Située au carrefour de plusieurs zones de crise, notamment le Soudan, la Libye et la Corne de l’Afrique, l’Égypte accueille plusieurs centaines de milliers de réfugiés et de demandeurs d’asile. Pour Bruxelles, le renforcement de cette coopération doit contribuer à une meilleure gestion des mouvements migratoires en Méditerranée orientale.
Les deux parties ont également réaffirmé leur volonté d’approfondir leur coopération dans le cadre du Pacte pour la Méditerranée, qui structure les projets régionaux de l’Union européenne. L’Égypte participe déjà à plusieurs initiatives, dont T-MED, consacré au développement des interconnexions énergétiques, et MED Skill Tracker, destiné à renforcer les compétences et l’employabilité des jeunes. Les discussions ont aussi porté sur la création d’une université méditerranéenne et d’une assemblée des jeunes parlementaires afin de favoriser les échanges académiques et institutionnels entre les deux rives de la Méditerranée.
L’Europe demeure le premier partenaire commercial de l’Égypte
Le partenariat entre Bruxelles et Le Caire est soutenu par une enveloppe globale de 7,4 milliards d’euros pour la période 2024-2027. Celle-ci comprend 5 milliards d’euros de prêts concessionnels, 1,8 milliard d’euros d’investissements destinés au secteur privé ainsi que 600 millions d’euros de subventions, dont 200 millions d’euros dédiés aux questions migratoires. Ce cadre de coopération a été consolidé lors du premier sommet UE-Égypte organisé à Bruxelles en octobre 2025.
Cette dynamique se reflète également dans les échanges commerciaux. En 2025, l’Union européenne est restée le premier partenaire commercial de l’Égypte, représentant plus de 22% des échanges extérieurs du pays. Le commerce bilatéral de biens a atteint 32,4 milliards d’euros, dont 20 milliards d’euros d’exportations européennes vers l’Égypte et 12,4 milliards d’euros d’importations en provenance du pays nord-africain.
Pour Bruxelles, ce nouveau financement traduit la volonté de consolider un partenaire essentiel à la stabilité de la Méditerranée orientale, à la sécurité énergétique et à la coopération régionale. Pour Le Caire, il constitue un levier supplémentaire pour soutenir son programme de réformes, couvrir ses besoins de financement extérieur et renforcer la confiance des investisseurs dans une économie encore confrontée à des tensions inflationnistes et à un endettement élevé.