Une semaine après la tenue du sommet Africa Forward à Nairobi, la ministre chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger redit le besoin de refondre l’architecture financière internationale et d’y impliquer davantage le continent africain, insiste sur la nécessité de mieux accompagner les fonds diasporiques. Et d’inciter la France à être encore plus visible dans ses actions.LA TRIBUNE AFRIQUE– Le sommet Africa Forward – qui s’est tenu les 11 et 12 mai dernier à Nairobi et auquel vous avez participé – a annoncé 23 milliards d’euros d’investissement en Afrique. Mais ces investissements ne sont pas portés uniquement par les grands groupes, de nombreuses PME également y prennent part. Cela contribue-t-il à cette nouvelle relation entre la France et les pays africains voulue par le Président de la République ?
ÉLEONORE CAROIT – En effet, les annonces faites en conclusion du sommet Africa Forward montrent avant tout une diversité des investissements. Ceux-ci sont réalisés par des entreprises françaises, à hauteur de 14 milliards d’euros, mais aussi par des entreprises africaines, pour 9 milliards d’euros. Le Kenya, en tant que pays hôte, a évidemment joué un grand rôle. Autre élément à considérer, ces investissements concernant aussi bien les pays africains francophones, anglophones que lusophones. Et l’objectif du G7, qui s’ouvre ce mois de juin à Evian, a comme objectif de refonder l’architecture financière internationale en continuant d’impliquer davantage le continent africain.
L’un des sujets majeurs du financement des projets et plus largement du financement est celui lié à la diaspora. On sait que le financement venu des diasporas participe à l’économie des pays africains. Certains d’entre eux, d’ailleurs, essaient de davantage structurer ces apports qui jusqu’alors finançaient des projets plus « familiaux » et qui désormais financent des projets plus importants…
Le constat sur les fonds issus des diasporas fait consensus. Les fonds diasporiques constituent des sommes colossales mais fragmentées. On estimerait à 9 milliards d’euros, les fonds qui proviennent des diasporas africaines en France et à 100 milliards d’euros ceux au niveau mondial. Mais elles subissent les taxes des agences spécialisées dans les transferts de ces fonds. Nous travaillons, sur ce sujet, sur les propositions de l’OCDE afin de limiter les taxes et les commissions et reconnaître le rôle des fonds diasporiques. Il faut limiter leur déperdition. Et il faut une vraie simplification. Nous avons tous intérêt à ce que ce flux financier provoque un effet de levier.