Au premier trimestre 2025, la production du champ Baobab a atteint environ 2 891 barils équivalent pétrole par jour, avant l’arrêt des opérations.
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Alors que les grands projets pétroliers africains attirent l'essentiel de l'attention, une autre tendance se dessine discrètement dans l'offshore du continent. Plusieurs compagnies misent désormais sur l’optimisation de gisements vieillissants, espérant prolonger leur exploitation à moindre coût.
En Côte d’Ivoire, 25 ans après sa découverte et alors qu'une grande partie de ses réserves a déjà été exploitée, le projet Baobab entre dans une nouvelle phase de développement. La compagnie américaine Vaalco Energy, détentrice d’une participation de 27,39%, y a annoncé le 9 juin 2026 une reprise de production, après plus d’un an d’arrêt.
Le retour du FPSO après 16 mois d'arrêt
L'interruption des opérations remonte au 31 janvier 2025. À cette date, le navire flottant de production, de stockage et de déchargement du champ, connu sous le nom de FPSO Baobab Ivoirien, avait été déconnecté des installations afin de subir une importante campagne de rénovation.
Après plusieurs mois de travaux réalisés à Dubaï, aux Émirats arabes unis, l'unité est revenue en Côte d'Ivoire au début du deuxième trimestre 2026. Elle a ensuite été remorquée sur le site, reconnectée aux infrastructures sous-marines et remise progressivement en service.
Selon VAALCO, quatre puits producteurs ont déjà recommencé à produire tandis que trois autres devraient être remis en exploitation dans les prochaines semaines.
Pourquoi continuer à investir dans un champ aussi ancien ?
La question mérite d'être posée. Découvert en 2001 et mis en production en 2005, Baobab figure parmi les champs pétroliers historiques de la Côte d'Ivoire. Selon les données compilées par le cabinet GlobalData, environ 74% de ses réserves récupérables auraient déjà été extraites.
Avant l'arrêt des opérations début 2025, la production moyenne du champ atteignait environ 2 891 barils équivalent pétrole par jour attribuables à Vaalco au premier trimestre. Un niveau modeste comparativement aux ambitions du champ Baleine, développé par l'italien ENI, dont la production devrait atteindre 150 000 barils par jour à l'horizon 2027.
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Dans ces conditions, la décision de prolonger la vie du projet peut sembler contre-intuitive. Pour les opérateurs, l'équation économique est toutefois différente de celle d'un nouveau développement pétrolier. Baobab dispose déjà d'infrastructures installées, de puits existants et d'un système de production éprouvé.
L'enjeu consiste donc à optimiser. La rénovation d'un FPSO représente généralement un investissement nettement inférieur à celui nécessaire pour construire une nouvelle unité flottante. Selon plusieurs estimations sectorielles reprises par Agence Ecofin, le coût d'une remise à niveau majeure peut atteindre quelques centaines de millions de dollars, contre plusieurs milliards pour une installation neuve.
Cette approche permet aux compagnies d’étendre la durée de vie d'actifs déjà amortis et de continuer à générer des revenus sans s’exposer aux risques associés à un nouveau développement.
Baobab n'est d'ailleurs pas un cas isolé. En Côte d'Ivoire, le champ Espoir continue lui aussi d'être exploité grâce à des travaux réguliers de modernisation de son FPSO. En Angola, plusieurs projets opérés par TotalEnergies ont suivi une logique comparable à travers des programmes de développement dits « brownfield », consistant à préserver l'exploitation d’actifs matures par des investissements ciblés.
Plusieurs défis à relever
Face à l'augmentation des coûts de développement et à l'incertitude entourant l'évolution de la demande énergétique à long terme, de nombreuses compagnies privilégient désormais l'optimisation d'actifs existants plutôt que le lancement de nouveaux projets particulièrement coûteux.
Cette logique n'est toutefois pas exempte de défis. Les infrastructures vieillissantes nécessitent davantage de maintenance et exposent les opérateurs à un risque accru d'interruptions techniques. Les économies réalisées grâce à l'utilisation d'installations déjà déployées doivent donc être mises en balance avec des dépenses d'entretien plus importantes.
Aujourd’hui, Vaalco et ses partenaires devront prouver que les travaux engagés permettront effectivement d'accroître la production du champ et d’en préserver la rentabilité à long terme.
Et pour y arriver, l’entreprise américaine met surtout en avant les prochaines étapes du projet, dont la licence a été renouvelée jusqu’en 2038. Elle indique préparer un nouveau programme de forage prévu au second semestre 2026. Baptisée « phase 5 », cette campagne pourrait inclure quatre nouveaux puits producteurs, deux à trois puits injecteurs destinés à conserver la pression du réservoir ainsi que deux opérations de remise en état de puits déjà en place.
Vingt ans après son entrée en production, Baobab apparaît ainsi comme un test d'une question qui concerne une partie croissante de l'industrie pétrolière africaine. Jusqu'où peut-on prolonger la vie économique d'un gisement mature grâce à la remise à niveau d'infrastructures déjà existantes ?