La consolidation du hub stratégique marocain
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Gabriel Gervais
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Par Gabriel Gervais, spécialiste en économie internationale
L’accueil du Paris Peace Forum à Rabat, début juin, agit comme un révélateur. Routes maritimes fragilisées, chaînes industrielles rapprochées, engrais redevenus stratégiques, Sahel en quête de débouchés : le Maroc apparaît moins comme une puissance installée que comme un pays ayant rendu sa position plus utile.
Depuis quinze ans, Rabat transforme sa position géographique en leviers économiques et diplomatiques. Certains actifs stratégiques fonctionnent déjà, d’autres restent des paris. Mais tous visent un même objectif, c’est-à-dire, placer le Maroc au croisement des flux européens, atlantiques, méditerranéens et africains.
Être proche de l’Espagne ou du détroit de Gibraltar ne suffit pas. Le Maroc a progressivement équipé cette position : ports, zones franches, logistique, fiscalité exportatrice, formations techniques et sous-traitance.
Tanger Med résume cette méthode. Le port branche le Maroc sur les flux industriels européens, attire des usines et structure des filières exportatrices. L’automobile l’illustre : Renault à Tanger, puis PSA/Stellantis à Kénitra, ont créé un tissu d’équipementiers, de câblage et de composants. Le Maroc ne vend plus seulement des bas coûts. Il vend aussi proximité, délai court et sécurité industrielle relative.
Cette montée en puissance reste dépendante : demande européenne, choix des constructeurs, concurrence d’autres bases industrielles, montée en gamme vers les batteries, l’électrique et les composants plus complexes. Le risque serait de rester une plateforme compétitive sans devenir un centre industriel à plus forte valeur ajoutée.
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L’entreprise publique marocaine OCP, spécialisée dans les phosphates et les engrais, ajoute une dimension agricole et alimentaire à cette stratégie. Le Maroc possède une ressource clé : le phosphate, indispensable à la fabrication des engrais ! Or les engrais sont redevenus stratégiques depuis le blocage du détroit d’Ormuz. Cela donne à Rabat un levier concret en Afrique : fournir des engrais, améliorer les rendements, analyser les sols et former les agriculteurs.
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