Au Nigeria, TotalEnergies oriente ses activités vers l’offshore et le gaz, dans le but de diminuer sa dépendance aux actifs terrestres considérés comme plus risqués.
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Un an et demi après une tentative restée sans suite, TotalEnergies relance son projet de désengagement partiel des actifs pétroliers terrestres au Nigeria. La précédente transaction conclue en juillet 2024 avait été bloquée par le régulateur nigérian.
Au Nigeria, TotalEnergies a annoncé le 14 janvier un accord avec la société Vaaris en vue de la cession de sa participation non opérée de 10% dans les licences de production de la coentreprise Renaissance. Cette entité, anciennement connue sous le nom de SPDC, regroupe la société publique nigériane NNPC Ltd (55%), Renaissance Africa Energy Company (30%, opérateur), TotalEnergies EP Nigeria (10%) et Agip Energy and Natural Resources Nigeria, filiale du groupe italien Eni (5%).
TotalEnergies n’a pas communiqué de montant pour la transaction. Le groupe n’a pas non plus donné de détails sur le profil de l’acquéreur. Selon les registres des entreprises cités par Reuters, Vaaris Resources JV Co Limited a été constituée au Nigeria le 22 décembre 2025.
L’accord conclu prévoit le transfert à Vaaris de la participation de TotalEnergies, ainsi que des droits et obligations associés, dans 15 licences produisant principalement du pétrole. Ces actifs ont représenté une production d’environ 16 000 barils équivalent pétrole par jour en quote-part pour la compagnie en 2025.
La transaction inclut également la cession de la participation de 10% de TotalEnergies dans trois licences à dominante gazière (OML 23, 28 et 77). Le groupe précise toutefois qu’il conservera un intérêt économique entier dans ces permis, qui assurent actuellement près de la moitié de l’approvisionnement en gaz du projet Nigeria LNG.
La finalisation de l’opération reste sujette aux approbations réglementaires habituelles.
Un précédent avorté avec Chappal Energies
Cette annonce intervient après l’échec d’une première tentative de cession. En juillet 2024, TotalEnergies avait conclu un accord de vente et d’achat avec Chappal Energies portant sur la même participation de 10% dans SPDC, pour un montant annoncé de 860 millions de dollars. L’opération devait permettre au groupe français de réduire son exposition aux actifs pétroliers terrestres nigérians, jugés plus coûteux et plus risqués, tout en contribuant à sa stratégie de désendettement. Parmi les difficultés citées, figurent les vols de pétrole, les sabotages, les fuites récurrentes et les contentieux.
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En septembre 2025, le régulateur nigérian de l’amont pétrolier (NUPRC) avait toutefois retiré son approbation, invoquant le non-respect par l’acheteur de certaines obligations financières. Chappal Energies n’était pas parvenue à mobiliser les fonds requis, empêchant notamment TotalEnergies de s’acquitter de frais réglementaires et de couvrir les passifs environnementaux associés aux actifs.
Un recentrage progressif vers l’offshore et le gaz
Présente au Nigeria depuis plus de six décennies, TotalEnergies fait partie des acteurs majeurs du secteur énergétique du pays. En 2024, la production nigériane du groupe s’est élevée à environ 209 000 barils équivalent pétrole par jour, faisant du Nigeria l’un des principaux contributeurs à sa production mondiale. La compagnie y opère également un vaste réseau de distribution de carburants.
La stratégie poursuivie par TotalEnergies vise toutefois à privilégier des actifs jugés plus compétitifs, en particulier dans l’offshore profond et le gaz. Le groupe exploite notamment les champs d’Akpo et d’Egina (ex-OML 130), Ikike et Amenam-Kpono (OML 99), ainsi que le champ d’Ofon (OML 102). Il est également impliqué dans le développement du projet gazier Ubeta et a multiplié les initiatives liées à la réduction des émissions, notamment l’arrêt du torchage de routine sur certains sites et des campagnes de détection du méthane. Dans cette logique, TotalEnergies a également annoncé récemment un accord avec Chevron portant sur la cession d’une participation de 40% dans deux permis d’exploration offshore (PPL 2000 et 2001), tout en conservant l’opérabilité.