La structure du budget met en avant les secteurs essentiels au développement du pays, dont l'agriculture, la santé, la sécurité et l'éducation.
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Alors que l’inflation amorce un repli et que la Banque centrale assouplit prudemment sa politique monétaire, les autorités malawiennes tentent de rééquilibrer leurs finances publiques dans un environnement économique encore fragile.
Le Parlement du Malawi a adopté le budget national pour l’exercice 2026/2027, approuvant un volume de dépenses publiques de 10 978 milliards de kwachas (environ 5,45 milliards d’euros), à l’issue de plusieurs semaines d’examen et de débats. L’adoption fait suite à la phase du Committee of Supply, au cours de laquelle les députés ont examiné et validé les allocations des différents ministères, départements et agences.
« Avant son adoption, la Chambre, siégeant en Comité des crédits, a examiné et approuvé l’ensemble des 59 postes budgétaires contenus dans la déclaration budgétaire », précise le communiqué détaillant le processus parlementaire.
Présenté par le ministre des Finances, Joseph Mwanamvekha, ce budget vise à soutenir la mise en œuvre des programmes publics destinés à stimuler la croissance et à améliorer la qualité des services.
Un accent sur l’agriculture et les services essentiels
La structure du budget met en avant les secteurs considérés comme essentiels au développement du pays. L’agriculture, pilier de l’économie malawienne, se voit attribuer 971,3 milliards de kwachas (environ 482,6 millions d’euros), soit la plus importante enveloppe sectorielle.
Les dépenses prévues pour le secteur de la santé atteignent 558,07 milliards de kwachas (environ 277,3 millions d’euros), tandis que le secteur de l’éducation bénéficie de 316,6 milliards (157,3 millions d’euros). Les infrastructures routières ne sont pas en reste, avec une allocation de 447,1 milliards de kwachas, soit plus de 222 millions d’euros, destinée à la Roads Fund Administration.
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Au-delà des secteurs sociaux, le budget prévoit également des ressources importantes pour les institutions de sécurité, notamment la Malawi Defence Force et le Malawi Police Service, ainsi que pour les organes de gouvernance et de contrôle comme l’Anti-Corruption Bureau et le Parlement. « Le processus a permis aux députés d’examiner et d’approuver les allocations destinées aux différents ministères, départements et agences », ajoute le communiqué, soulignant le rôle du Parlement dans la validation des dépenses publiques.
Entre assouplissement monétaire et contraintes structurelles
L’adoption de ce budget survient dans un contexte marqué par un léger répit sur le front des prix. La Banque centrale du pays a ainsi réduit début mars son taux directeur de 26 % à 24%, à la faveur d’un ralentissement progressif de l’inflation, passée de 29,2% fin 2024 à 24,9% en janvier 2026.
Cette amélioration reste toutefois fragile. Elle repose en grande partie sur la baisse des prix alimentaires, soutenue par des interventions publiques sur le marché du maïs, tandis que les prix des produits non alimentaires, notamment l’énergie, continuent de progresser.
Plus largement, l’économie malawienne demeure sous pression. Le pays fait face à une croissance structurellement faible — estimée à 2,4% en 2025 par le Fonds monétaire international —, inférieure à la dynamique démographique, ainsi qu’à des déséquilibres budgétaires persistants, une dette jugée peu soutenable, à plus de 88 % du PIB en 2024, et des pénuries récurrentes de devises et de carburant.
Dans ce contexte, le budget 2026/2027 apparaît comme un levier central pour soutenir l’activité économique et renforcer la capacité de l’État à répondre aux besoins sociaux. En février, le ministre des Finances, Joseph Mwanamvekha, a indiqué que Lilongwe espérait conclure « à court ou moyen terme » un nouveau programme de soutien avec le FMI, afin de remettre les finances publiques sur une trajectoire plus stable.