Activités extractives : l'angolais Sonangol obtient près de 3 milliards d'euros auprès de prêteurs étrangers
Olivier de Souza, Agence Ecofin

Les fonds doivent couvrir à la fois les dépenses d’exploitation et les investissements de la compagnie.
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Olivier de Souza, Agence Ecofin

Les fonds doivent couvrir à la fois les dépenses d’exploitation et les investissements de la compagnie.
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La compagnie publique angolaise du pétrole, Sonangol, a obtenu un financement de 2,65 milliards USD (2,282 milliards d’euros) auprès d’un syndicat de banques étrangères. L’opération a été confirmée le mardi 16 juin selon Reuters, par un porte-parole de l’entreprise.
Le financement mobilise Standard Bank, Société Générale, Absa et First Abu Dhabi Bank. Les conditions financières de l’opération n’ont pas été dévoilées, mais selon des sources bancaires, les fonds doivent couvrir à la fois les dépenses d’exploitation et les investissements de la compagnie.
Cette levée de fonds s’inscrit dans une séquence plus large de financements mobilisés par Sonangol pour soutenir ses besoins récurrents. En janvier dernier, la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a structuré une facilité syndiquée de rachat de créances de 1,75 milliard USD (environ 1,5 milliard d’euro) en faveur de la compagnie publique.
La facilité doit répondre aux besoins d’exploitation et d’investissement de cette dernière, tout en soutenant les flux d’exportation et l’industrialisation de l’économie angolaise, dont le pétrole demeure un pilier central. Il représentait en 2024 environ 30% du PIB, près des deux-tiers des recettes fiscales, et 94% des exportations.
Dans ce contexte, la compagnie reste engagée dans plusieurs projets structurants en amont. Dans les blocs offshore 3/05 et 3/05A, opérés avec des partenaires internationaux, Sonangol prévoit le forage des puits Impala-2 et Pacassa SW-1 à partir du troisième trimestre 2026, avec une mise en production attendue au 4e trimestre. Le bloc 3/05, qui produit actuellement environ 21 000 barils par jour, vise une montée en capacité comprise entre 30 000 et 40 000 bpj, grâce à ces nouveaux investissements.
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Ces opérations s’inscrivent dans un effort plus large de stabilisation de la production pétrolière nationale, qui est passée sous le seuil du million de barils par jour en juillet 2025. Les autorités, via l’Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG), travaillent avec les opérateurs pour maintenir un niveau moyen de 1,1 million de barils par jour jusqu’en 2027.
Parallèlement, Sonangol et son partenaire Seadrill, via la coentreprise Sonadrill, prévoient le lancement cette année de deux campagnes de forages en eaux profondes. Ces opérations visent à soutenir les capacités de production, dans un contexte de maturité de plusieurs champs.
Le groupe poursuit également un agenda de transformation industrielle avec le projet de raffinerie de Lobito, dont la mise en service est prévue pour décembre 2027, avec une capacité attendue de 200 000 barils par jour. Ce projet n’est toutefois pas couvert par le nouveau financement annoncé, et fait l’objet de discussions distinctes avec des institutions financières chinoises pour un prêt estimé à 4,8 milliards USD (environ 4,133 milliards d’euros).
En parallèle, les autorités angolaises avancent sur la relance de la raffinerie de Cabinda, d’une capacité de 30 000 barils par jour, dans une logique de renforcement des capacités locales de transformation. Selon le secrétaire d’État au Pétrole et au Gaz, José Alexandre Barroso, l’usine se rapproche de l’exploitation commerciale.
Au-delà des hydrocarbures, Sonangol accélère sa diversification vers les minerais critiques, notamment le lithium et l’uranium, dans le cadre d’une stratégie visant à élargir son portefeuille extractif. Cette orientation accompagne la volonté du pays de développer un secteur minier encore marginal, mais stratégique pour la transition énergétique.
Dans ce paysage, la nouvelle levée de fonds illustre l’empilement des besoins financiers de Sonangol, au croisement de trois dynamiques, à savoir : maintien de la production pétrolière, montée en puissance du raffinage et ouverture progressive vers de nouveaux segments miniers.
Olivier de Souza, Agence Ecofin
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