Dans le cadre de la stratégie de financement gouvernementale, l’Angola a levé cette semaine 2,5 milliards de dollars d’euro-obligations sur les marchés internationaux, structurés en deux tranches sur 7 et 11 ans, annonce le ministère des Finances dans un communiqué. « Cette émission est importante pour plusieurs raisons, mais surtout parce qu'il s'agissait de la première émission par des pays émergents après le début du conflit au Moyen-Orient », a déclaré José de Lima Massano, ministre d'État à la Coordination économique, au sortir du conseil des ministres. Même si les taux souverains au sein de l’Union européenne à titre d’exemple affichent moins de 4% actuellement, les autorités angolaises se réjouissent d’avoir pu obtenir des taux de 9,25% et 9,8%, légèrement en baisse par rapport aux taux de certaines opérations précédentes qui franchissaient la barre des 10%. « L’Angola est l’un des rares pays qui, après le conflit, parvient à obtenir des taux d’intérêt inférieurs à ceux qu’il avait avant le conflit », a déclaré le ministre, ajoutant que « cela témoigne également d'une grande confiance de la part de ces opérateurs, les investisseurs internationaux, quant à la croissance de notre économie ».
Selon le département des Finances, les fonds mobilisés serviront à exécuter des programmes inscrits au budget général de l’Etat pour l’année en cours et permettront, en outre, de payer les dettes contractées par le gouvernement auprès des prestataires de services de l’Etat. A noter que les prestataires de l’Etat angolais incluent tant des entreprises nationales comme Sonangol ou Endiama, que des opérateurs internationaux à l’instar des français TotalEnergies ou Airbus, mais aussi le minier sud-africain De Beers ou l’anglo-australien Rio Tinto. Selon les officiels, le gouvernement a encore « un volume considérable » d’ordre de paiement à régler dans un délai de 90 jours et privilégie ainsi la pérennité de ses partenariats avec les grandes entreprises publiques et privées qui sont ses partenaires.