Les ministres des Finances de la zone euro ont choisi le gouverneur de la banque centrale croate, Boris Vujcic, pour succéder à Luis de Guindos à la vice-présidence de la BCE, une nomination qui s’inscrit dans la recomposition à venir de la gouvernance monétaire européenne.
Les ministres des Finances de la zone euro ont arrêté leur choix. Réunis lundi, ils ont décidé de soutenir la candidature du Croate Boris Vujcic pour succéder à l’Espagnol Luis de Guindos au poste de vice-président de la Banque centrale européenne (BCE).
« L’Eurogroupe a décidé de soutenir Boris Vujcic, gouverneur de la Banque nationale de Croatie » pour cette nomination, a annoncé le président de l’instance, Kyriakos Pierrakakis, lors d’une conférence de presse. Ce soutien marque une étape clé dans un processus institutionnel qui doit encore être formellement validé.
Âgé de 61 ans, Boris Vujcic est économiste de formation. Il dirige depuis 2012 la Banque nationale de Croatie (HNB), un poste à partir duquel il a joué un rôle central dans l’ancrage européen de son pays. À ce titre, il a notamment œuvré à l’intégration de la Croatie dans la zone euro, qui s’est concrétisée par l’adoption de la monnaie unique en 2023.
Gouvernance de la BCE
La nomination de Boris Vujcic devra toutefois suivre le parcours institutionnel habituel. Elle devra être entérinée dans les mois à venir par les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-Sept, après consultation du Parlement européen et du conseil des gouverneurs de la BCE.
Il est appelé à remplacer Luis de Guindos, dont le mandat au sein de l’institution monétaire basée à Francfort s’achèvera à la fin du mois de mai. Cette succession intervient dans un contexte où la gouvernance de la BCE est particulièrement observée par les marchés, alors que l’institution poursuit son ajustement de politique monétaire face aux défis de l’inflation et de la croissance. Six pays de la zone euro étaient en lice pour ce poste stratégique. Outre la Croatie, le Portugal, la Lettonie, l’Estonie, la Finlande et la Lituanie avaient présenté des candidats.
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Au-delà de l’enjeu immédiat, cette nomination est perçue comme un signal politique en amont de rendez-vous plus structurants. La succession de Luis de Guindos est en effet considérée comme un tour de chauffe avant l’expiration, en 2027, des mandats de trois des six membres du directoire de la BCE, dont celui de sa présidente Christine Lagarde, un poste qui devrait susciter d’importantes convoitises au sein de l’Union européenne.