Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a déclaré lundi qu'elle était « prête » à prendre la tête de l'institution monétaire. Moins de deux ans avant la fin du mandat de Christine Lagarde, les États membres cherchent déjà à placer leurs pions.La course est lancée pour succéder à Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne (BCE). Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, et considérée comme une « faucon », a indiqué lundi dans un entretien à Bloomberg qu’elle y était « prête » si cela lui était « demandé ». Une déclaration qui intervient étonnamment tôt, quasiment deux ans avant la fin du mandat de Christine Lagarde, en octobre 2027.
Et pour cause, « pour accéder à la présidence de la BCE, il faut très longuement négocier entre les États membres », explique à La Tribune Jérôme Creel, directeur du département des études de l’OFCE. « Choisir une personnalité issue d’un Etat membre requiert d’avoir le soutien de presque tous les Etats membres, en tout cas d’une majorité qualifiée d’entre eux. »
Isabel Schnabel n’est pas la seule prétendante à la présidence de la BCE. Parmi les potentiels successeurs de Christine Lagarde figurent également l’ancien gouverneur de la banque centrale néerlandaise, Klaas Knot, l’Espagnol Pablo Hernandez de Cos, qui dirige actuellement la Banque des règlements internationaux, et le président de la Bundesbank, Joachim Nagel.
Une position influente pour les Etats membres
Derrière ces différents noms, les Etats cherchent à placer leurs pions. « La BCE est la principale sinon la seule institution fédérale européenne disposant d’outils de politique économique, donc ça rend évidemment la place de président ou présidente de la BCE particulièrement centrale dans l’Union Européenne et dans le processus d’intégration européenne », explique Jérôme Creel.