Des figurines d'ordinateurs et de smartphones apparaissent devant le logo de Binance sur cette illustration prise le 19 février 2024.
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À partir du 30 juin, les entreprises qui n'ont pas reçu leur permis européen PSCA devront arrêter de proposer leurs services aux Européens. Ce sera peut-être le cas du géant des cryptomonnaies Binance.
Et si Binance devenait inaccessible aux utilisateurs européens dans les prochains mois ? Voilà une crainte qui devient de plus en plus palpable. Le mastodonte, qui dénombre 322 millions de clients dans le monde, n'a plus que quelques jours pour obtenir son passeport européen de prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA). Après le 30 juin, conformément au règlement européen MiCA, la plateforme d'échange de cryptomonnaies ne pourra plus proposer ses services aux investisseurs du Vieux Continent.
Sauf que, mardi, l'agence Reuters a affirmé que la demande de Binance, déposée auprès de l'autorité de régulation des marchés financiers grecs, devrait être rejetée.
« De très lourdes conséquences » sur les investisseurs européens
Si cette décision était confirmée, « cela aurait de très lourdes conséquences pour les investisseurs européens et français », alerte un connaisseur du dossier. Et pour cause, d'après le lobby du secteur, l'Adan, Binance est la plateforme la plus utilisée par les épargnants tricolores qui souhaitent acheter du bitcoin. Elle compterait plus d'un million de clients français.
Mais le fait que la plateforme soit un mastodonte en France ne la sauvera pas, a affirmé auprès de La Tribune l'Autorité des marchés financiers. « Les sociétés sans permis européen seront inscrites sur notre liste noire et pourront faire l'objet de poursuites si l'on constate qu'elles continuent activement leurs activités », avait précisé la présidente de l'institution, Marie-Anne Barbat-Layani, fin mai.
Mais alors, si Binance n'obtient pas son agrément européen, que se passera-t-il pour ses utilisateurs ?
Après le 30 juin, les sites non agréés devront refuser les nouveaux clients et informer leurs utilisateurs de la fermeture prochaine de leurs sites « pour qu'ils rapatrient leurs actifs sur d'autres plateformes agréées », expliquait aussi fin mai Stéphane Pontoizeau, directeur de la Direction de la supervision des intermédiaires à l'AMF. Un processus « qui prendra plus de temps pour les grosses sociétés », ajoute le régulateur.
« À moins que ces plateformes non agréées trouvent un repreneur qui accepte de maintenir leurs activités et de reprendre leurs utilisateurs », nuance Stéphane Pontoizeau.
Un scénario difficilement envisageable selon une experte du secteur crypto qui affirme que« les petits acteurs s'apprêtent à vendre leurs activités à de grosses entreprises, mais Binance est beaucoup trop gros pour faire cela. »
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Des avis divisés sur le futur de Binance
Face aux incertitudes qui grandissent, Binance veut rassurer. Dans un communiqué, l'entreprise explique que l'autorité grecque considérerait sa demande d'agrément « conforme et qu'elle avait l'intention de faire avancer le dossier en vue d’une autorisation lors d'une prochaine réunion de son conseil ». Dans le même temps, la plateforme a envoyé un mail à tous ses utilisateurs européens pour leur signifier qu'elle restera « pleinement engagée à accompagner nos utilisateurs européens » et qu'elle les tiendra « informés au fur et à mesure de l'avancement » de la validation de son agrément.
Il faut dire que Binance joue gros. La plateforme souhaite évidemment éviter que ses millions de clients européens ne se tournent vers des concurrents déjà agréés. « Je serai étonné que Binance n'obtienne aucun agrément en Europe d'ici juillet », estime donc un connaisseur du secteur crypto avant d'ajouter que l'entreprise « met de gros moyens pour y parvenir ».
Mais Louis-Alexandre de Froissard, fondateur de Montaigne Patrimoine, pense, lui, que « le bannissement est vraiment possible car l'Europe a besoin de montrer les muscles pour affirmer sa crédibilité. » « Les utilisateurs devraient retirer leurs fonds pour les envoyer vers un acteur agréé, voire sur leur coffre-fort numérique personnel », ajoute le conseiller en gestion de patrimoine spécialiste du bitcoin.