La Banque centrale européenne (BCE) a convié ce mardi toutes les banques européennes sous sa supervision directe, en gros les banques les plus importantes, pour plancher sur la question sensible des nouvelles vulnérabilités informatiques créées par les modèles d’IA, et plus spécifiquement, le modèle Claude Mythos de la société Anthropic. Il s’agit d'une réunion informelle, sans communication officielle à ce sujet. Mais cette réunion, à l’initiative de Frank Elderson, vice-président de la BCE, en charge de la supervision des banques, souligne bien la gravité du problème. « Le temps presse », a-t-il même indiqué au Financial Times.
Les banques et les autorités de régulation du monde entier s'efforcent en effet de réagir aux conséquences de la diffusion rapide des outils d'intelligence artificielle de plus en plus performants. « Il s’agit d’un changement radical et nous allons rencontrer les dirigeants des banques pour aborder cette question. Nous souhaitons recueillir leurs analyses, leur donner l’occasion de partager leurs expériences et souligner l’importance de ce sujet. Nous voulons que les banques se penchent sérieusement sur la question », a ainsi confié Frank Elderson au quotidien britannique.
À peine mise en œuvre, la réglementation européenne DORA (Digital Operational Resilience Act) semble donc déjà débordée par les progrès fulgurants de l’IA. « Nous travaillons depuis des années avec les banques sur de nombreux problèmes de cybersécurité qui restent d’actualité. Mais, compte tenu des progrès de l’IA, il est impératif d’agir plus rapidement. Pour reprendre une analogie musicale, je dirais que l’andante était peut-être suffisant, mais nous devons passer à autre chose », explique ainsi le banquier central.