En évoquant une baisse progressive des effectifs au profit de profils spécialisés en intelligence artificielle, le patron de JPMorgan Chase Jamie Dimon relance le débat sur l’impact de l’IA dans la finance. Sans annoncer de rupture brutale, ses propos esquissent une transformation profonde des métiers bancaires.
Jamie Dimon présagerait-il un nouveau virage dans la première banque américaine ? Le « King » de la finance, dont les paroles sont étudiées comme des oracles par les milieux d'affaires, a fait l'une de ces déclarations dont il a le secret pour mettre Wall Street en ébullition.
Après avoir alerté sur le danger du crédit privé, le patron de JP Morgan Chase a déclaré, au micro de Bloomberg ce 21 mai : « Je pense que cela réduira à terme le nombre d'emplois. »
Le constat n'a rien d'un choc. Depuis des mois, les analystes de tous bords prévoient que l'IA générative et agentique va réorganiser les forces de travail et les façons de travailler, coupes humaines à la clef. Mais le commentaire s'applique précisément à l'industrie bancaire, à court terme. « Il y aura plein de différents types d'emplois, et je pense que nous embaucherons plus de personnes spécialisées dans l'IA et moins de banquiers dans certaines catégories – cela les rendra plus productifs. »
Éventail immense de métiers
L'industrie bancaire accueille un immense éventail de métiers - du front au back-office, des traders aux Quant, en passant par les banquiers d'affaires et les ingénieurs des systèmes d'information.
À mesure que l'IA envahit la finance, dirigeants et cadres explorent les façons de l'utiliser pour renforcer l'efficacité de leurs process et la productivité des salariés. Près de la moitié des postes en banque ont le potentiel d'être augmentés ou remplacés par l'IA, estime une étude de Citi citée par Bloomberg. À JP Morgan Chase, des investissements colossaux y sont consacrés depuis plusieurs années, à l'instar des autres grandes banques américaines.
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De nouveaux défis
La France, bien que moins en pointe sur ces sujets, expérimente de son côté. BNP Paribas, pionnière, a lancé des partenariats d'envergure avec Mistral AI et a intégré une réflexion sur l'IA dans ses derniers plans stratégiques ; BPCE a déployé un hub d'IA interne à disposition des collaborateurs et réfléchit à l'intégrer dans ses solutions bancaires ; Société générale développe des assistants bancaires ; le Crédit Agricole, lui, n'ose pas encore s'approprier pleinement un instrument explosif qui menace potentiellement des milliers d'emplois.