La première banque française rejoint un consortium bancaire avec d’autres homologues européens. Officiellement, il s’agit cette fois de libérer l’adoption des jetons numériques adossés à l’euro. Mais l’ambition est aussi de prendre le train des usages.« La souveraineté dépérit quand on la fige dans les formes du passé ». Il fallait bien une citation de l’un des pères fondateurs de l’Europe, Jean Monnet, pour lancer ce mardi l’un des plus importants consortium bancaire européen, et qui doit positionner dix établissements du Vieux continent dans la course aux stablecoins. En clair, un jeton numérique dont la valeur est la plupart du temps adossée à celle du dollar. Une parité sur laquelle les autres devises - telle que l'euro - tentent désormais de se faire une place.
Cette bataille pour l'euro, quasi impossible selon certains experts, est celle du consortium formé en octobre par neuf banques (Banca Sella, CaixaBank, Danske Bank, DekaBank, ING, KBC, Raiffeisen Bank International, SEB, et UniCredit). Leur nouvelle société émettra, au deuxième semestre 2026, un nouveau stablecoin adossé à l’euro sous l'entité « Quivalis ». Un nom « international, inclusif et neutre qui est facile à prononcer dans toutes les langues », a annoncé Jan-Oliver Sell, le nouveau PDG de la structure enregistrée à Amsterdam qui a fait ses armes au sein de la plateforme d’échanges de crypto américaine Coinbase.
Cerise tricolore sur ce gâteau européen : l’arrivée de BNP Paribas, seule banque française à rejoindre ce type de nouvelles alliances dans la crypto, après avoir déjà rejoint un autre consortium en octobre aux côtés d’autres banques - dont les américaine, canadienne et britannique Goldman Sachs, Bank of America, TD Bank -, la japonaise MUFG, et côté européen, Santander, Deutsche Bank, Barclays, UBS, Citi. La banque française y voit un moyen de renforcer « l'autonomie stratégique de l’Europe dans le domaine des paiements », en particulier face à la puissance américaine.
Le vrai intérêt des banques
Mais si les banques européennes s’unissent, c’est surtout parce qu’elles sentent le vent de la finance clairement s’orienter vers les échanges dits, “tokenisés”, sur les nouvelles autoroutes numériques des blockchains. « Il est parfois utile de mutualiser la recherche & développement, surtout quand les usages ne sont pas encore clairement définis », confiait à La Tribune l’un des participants à ces consortiums. A ce jour, le seul usage qui s’est réellement développé concerne le dépôt bancaire tokenisé.