Bourse : pourquoi les analystes financiers s’attendent à un rebond des actions européennes

Image d'un panneau représentant les valeurs du CAC 40.
BT/JS - REUTERS - Benoit Tessier

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BT/JS - REUTERS - Benoit Tessier
Après la fin de la guerre au Moyen-Orient, le grand retour de l’Europe en Bourse ? « Les premiers bénéficiaires de la réouverture du détroit d’Ormuz, ce sont les entreprises européennes », salue Gilles Guibout, responsable de la stratégie actions européennes chez BNP Paribas Asset Management. Particulièrement dépendantes du pétrole du Golfe et des échanges internationaux, elles ont souffert de la fermeture du détroit d'Ormuz.
Pourtant, la fin de la guerre au Moyen-Orient ne s’est pas traduite par un rebond boursier en Europe. Depuis l’annonce par Donald Trump d’un accord avec l’Iran, le 11 juin, le CAC 40 a affiché une modeste hausse d’à peine plus de 2 %, tout comme l’indice européen Stoxx 600. Malgré la réouverture d’Ormuz, la plupart des valeurs européennes s’échangent donc toujours sous leur niveau d’avant l’offensive américaine du 28 février.
Un faible engouement qui s’explique par l’incertitude qui plane encore sur l’Europe. « Les conséquences sur les entreprises des prix élevés de l’énergie pendant les trois derniers mois ne seront connues que lors de la publication des résultats du deuxième trimestre », ajoute Gilles Guibout, de BNP Paribas AM.
Les investisseurs sont certes dans l’attente, mais ils n'en restent pas moins optimistes pour le futur. « C’est un bon moment pour se réexposer aux actions européennes », confie même Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Investment Management.
Quelques secteurs semblent bien positionnés pour un rebond boursier en Europe. Lombard Odier, Tikehau et BNP Paribas s’intéressent notamment aux secteurs des services aux collectivités (« utilities » en anglais) – qui rassemble des entreprises comme Engie, Veolia ou Enel –, des banques ou encore de l’industrie (Saint-Gobain, Vinci, Legrand, Schneider Electric).
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.

Mais un segment ressort tout particulièrement des discours de nombreux banquiers : la défense. Après une très bonne année 2025, les actions du secteur ont connu un début d’année difficile. Sur les trois derniers mois, l’indice européen des valeurs de la défense, le STOXX Europe Total Market Defense Capped, a perdu près de 7 %. Le champion allemand de l'armement Rheinmetall a notamment vu son cours dévisser de 40 % depuis le 1er janvier.
« La normalisation de ces derniers mois nous laisse penser que c’est un bon moment pour se repositionner sur ce secteur puisque les valorisations sont redevenues acceptables », précise Fabien Benchetrit, responsable de l’allocation d’actifs chez BNP Paribas AM.
Des valeurs moins chères, au moment où pleuvent les investissements. Ces dernières années, Bruxelles a annoncé toute une série d’investissements « de nature à augmenter considérablement la croissance européenne » et donc la valeur de ses entreprises, pointe Patrick Zweifel, chef économiste chez Pictet Asset Management.
En plus du célèbre Next Generation EU de 750 milliards d'euros, l'Europe a annoncé 300 milliards d’euros pour Repower EU et 800 milliards d'euros pour Rearm EU quand le gouvernement allemand a annoncé mettre 1 000 milliards de dollars sur la table pour développer son industrie de défense dans les dix prochaines années. « Ces investissements sont moins rapides que prévu, mais ils se mettent en place et vont bénéficier aux entreprises », affirme Patrick Zweifel. Une bonne nouvelle à moyen et long terme pour les Bourses européennes.