Sanjay Mehrotra, PDG de Micron Technology Inc., présente une puce sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE) à New York, aux États-Unis, le 26 avril 2024.
Les Bourses mondiales attendent ce mercredi les résultats trimestriels du fabricant américain de puces, sur fond de défiance grandissante envers la tech et l’IA, tandis que le pétrole poursuit son recul, à des niveaux inédits depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Les Bourses mondiales sont suspendues aux résultats trimestriels du fabricant américain de puces Micron ce mercredi 24 juin. À Wall Street, dans les premiers échanges vers 15 h 40, le Nasdaq – qui regroupe les grands noms de la tech – grappillait 0,07 %, l’indice élargi S&P 500 glanait 0,16 %, tandis que le Dow Jones cédait 0,07 %. En Europe, Paris gagnait 0,29 %, Londres était stable (+0,01 %) et Francfort cédait 1,13 %, plombé par un net recul de son poids lourd de la défense, Rheinmetall.
« Les résultats de Micron – plus précisément, la réaction du marché à ces résultats – pourraient déterminer la prochaine trajectoire pour la tech : poursuite de la hausse ou fin de la partie ? », résume Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote. La publication, qui couvre le troisième trimestre, est attendue dans la soirée, après la fermeture de Wall Street.
Micron, spécialiste des cartes mémoires et du stockage de données, a récemment intégré le club des capitalisations à plus de 1 000 milliards de dollars. La veille, le titre a subi une forte prise de bénéfices (-13,18 %), lestant l’ensemble du Nasdaq (-2,21 %).
Inquiétude sur la rentabilité de la tech
Depuis le début de l’année, les investissements massifs des géants de la tech sont l’un des moteurs principaux des marchés, et ont porté au pinacle certains secteurs, comme celui des semi-conducteurs, indispensables pour construire les centres de données. Mais les investisseurs s’inquiètent de plus en plus des gigantesques valorisations du secteur et de la rentabilité future de ces dépenses, que les géants de la tech financent par l’endettement de manière croissante.
D’autant qu’ils tablent de plus en plus sur une hausse de taux de la Réserve fédérale américaine pour lutter contre l’inflation aux États-Unis, ce qui « augmentera le coût de la dette dans les mois à venir », ajoute Ipek Ozkardeskaya.
Le pétrole retrouve son niveau d’avant-guerre.
Les prix du pétrole poursuivent eux leur recul, atteignant des niveaux plus vus depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, au fur et à mesure que le détroit d’Ormuz se rouvre progressivement et que les discussions se poursuivent entre Téhéran et Washington. Vers 15 h 40, le Brent, référence sur le marché mondial, s’échangeait à 73,74 dollars (-4,33 %), sous les 75 dollars. Le WTI américain cédait lui 4,22 % à 70,12 dollars, après être brièvement passé sous les 70 dollars.
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« Les investisseurs considèrent que le risque d’une interruption majeure de l’offre au Moyen-Orient continue de s’estomper », justifie John Plassard de Cité Gestion.
Le transit de navires via le passage stratégique a augmenté depuis la signature du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran mercredi dernier pour mettre fin au conflit, mais le flux reste inférieur à celui d’avant-guerre, selon les données de Kpler.
L’once d’or est de son côté passée sous les 4 000 dollars (3 986,16 dollars vers 15 h 30) pour la première fois depuis novembre, avec la perspective grandissante de hausse des taux directeurs de la Fed, en raison de l’inflation. Cela rend les obligations d’État américaines et le dollar, valeurs refuges concurrentes, plus intéressants à posséder pour les investisseurs.
Signe de cet intérêt, le taux d’intérêt américain à échéance dix ans reculait à 4,42 %, contre 4,49 % la veille en clôture. Le billet vert continuait lui à s’apprécier par rapport à l’euro (+0,36 %), à 1,1340 dollar pour un euro.