Près d’un épargnant français sur deux veut que sa banque gère ses cryptos

L’intégration des actifs numériques au sein des banques traditionnelles s’accélère sous l’impulsion du règlement MiCA.
/FW1FP/Nia Williams - REUTERS - REUTERS - Dado Ruvic

L’intégration des actifs numériques au sein des banques traditionnelles s’accélère sous l’impulsion du règlement MiCA.
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Les banques seraient-elles en train de renverser le monde de la cryptomonnaie ? Selon la dernière étude de l’Adan, le lobby européen des actifs numériques l’adoption du bitcoin et de ses petits frères progresse en France. 11 % de la population détient des cryptoactifs, contre 10 % en 2025.
Dans ce monde en construction, la finance traditionnelle est en train de prendre une part grandissante. 48 % des Français qui envisagent d’investir considèrent désormais leur banque comme l’intermédiaire le plus légitime pour accéder de manière sécurisée aux services de la DeFi et conserver leurs actifs.
Il faut dire qu’un verrou a sauté du côté des institutions : alors qu’il y a quelques années, les conseillers bancaires recommandaient à leurs clients de s’éloigner de ces actifs, plusieurs banques proposent désormais d’investir dans du bitcoin. C’est notamment le cas de Boursorama, BNP Paribas, BPCE, Revolut ou encore Deblock au travers d’ETF (des fonds répliquant le cours d’un actif) voire directement en direct pour certaines.
« Cette cinquième édition acte un vrai tournant : la crypto est devenue mainstream dans les esprits et elle est en train de le devenir dans les usages », relève Stanislas Barthélémi, président de l’Adan.
Pour le lobby, cet intérêt soudain de la finance traditionnelle pour les actifs numériques a pour origine l’arrivée du règlement européen Market in Crypto Asset (MiCA). Depuis décembre 2024, les entreprises voulant proposer des cryptomonnaies sur le sol européen doivent remplir toute une série de critères pour obtenir le titre de Prestataire de services sur cryptoactif (PSCA). Un passeport qui doit empêcher à des sociétés fragiles ou frauduleuses d’exercer. « Ce basculement vers un marché harmonisé et régulé offre enfin à l’Europe le socle de confiance nécessaire à son expansion », confirme Stanislas Barthelemi.
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L’arrivée de la finance traditionnelle dans le monde crypto coïncide avec un autre changement majeur : l’utilisation des stablecoins comme outils de paiement. Alors que ces cryptos répliquant le cours du dollar ou de l’euro servaient essentiellement à sécuriser les portefeuilles des investisseurs jusqu’ici, en 2025, 23 % des détenteurs les utilisent pour le règlement de biens ou services, selon l’étude.
Une activité historiquement dans le giron des banques, et que celles-ci comptent bien préserver. Depuis la mise en place de MiCA, plusieurs consortiums de banques européennes se sont créés pour créer leur propre stablecoin. « Et lors de ces douze prochains mois, la compétition va être de plus en plus féroce », confiait un banquier à La Tribune en janvier.
Selon McKinsey, la capitalisation des stablecoins – actuellement autour des 300 milliards de dollars – pourrait atteindre 2 000 milliards de dollars d’ici à 2028. Si ce marché est prometteur, il fait toutefois face à un os : les stablecoins en dollars représentent encore 70 % des transactions.
La fiscalité, véritable repoussoir pour les investisseurs français
La perception de la politique publique française demeure sévère. 78 % des détenteurs français jugent le régime fiscal actuel complexe et punitif. L’illisibilité des obligations déclaratives pèse davantage que le taux d’imposition lui-même. Ce déficit d’image contraste avec l’Italie ou les Pays-Bas, perçus comme plus favorables à l’innovation.
L’Italie et les Pays-Bas transforment la régulation en sentiment de soutien à l’innovation. En Belgique, le marché se stabilise avec 17 % de détenteurs à la suite d’une sélection plus rigoureuse des actifs. Les investisseurs français détiennent en moyenne 2,2 actifs différents. Ils privilégient désormais la conservation grâce à des plateformes tierces pour 61 % d’entre eux.