Les investisseurs européens peuvent-ils vraiment quitter les États-Unis ?
Guillaume Renouard, à Londres.
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Donald Trump lors d'une récente visite en Floride.
REUTERS - Nathan Howard
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Donald Trump lors d'une récente visite en Floride.
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S’il n’est pas toujours évident d’analyser les décisions de Donald Trump, il semble que, sur le dossier groenlandais, ce soient les marchés qui aient convaincu le président américain d’abandonner ses menaces de s’emparer du territoire par la force. Lors des jours précédents, les marchés avaient en effet fortement réagi, à travers une hausse des bons du Trésor et une baisse concomitante des actions américaines.
Face à la politique erratique de Donald Trump, qui annonce et annule des droits de douane du jour au lendemain et remet en question l’indépendance de la Fed, les investisseurs du Vieux Continent commencent en effet à se dire qu’il serait sage de placer au moins une partie de leurs œufs ailleurs qu’outre-Atlantique.
Certains ont déjà commencé à le faire. Un fonds de pension danois a ainsi annoncé la vente des 100 millions de dollars qu’il détenait en bons du Trésor américain. Pas de référence au Groënland pour motiver sa décision, mais la conviction que « les finances américaines ne sont pas tenables à long terme », selon Anders Schelde, directeur des investissements du fonds.
Les Européens sont particulièrement friands d’actifs américains : ils y détiennent 12 600 milliards de dollars de bons du Trésor et d'actions. La grande majorité sont détenus par des fonds privés, qui échappent au contrôle des États et pourraient donc difficilement être utilisés comme levier de négociation en cas de durcissement des relations entre l’Europe et les États-Unis. Mais les investisseurs européens pourraient aussi simplement considérer que les actifs américains sont devenus trop risqués.
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De quoi causer des dommages conséquents s’ils se mettaient à revendre en masse. Cette perspective commence à effrayer outre-Atlantique. Un récent sondage réalisé par le Financial Times auprès d’économistes américains montre ainsi que plus de 90 % d’entre eux s’inquiètent de voir le statut de valeur refuge dont ont jusqu’ici bénéficié les actions et obligations américaines s’évaporer. Pimco, un fonds américain, a lui-même récemment annoncé être en train de diversifier son portfolio pour réduire son exposition aux États-Unis, citant notamment l’imprévisibilité de l’administration Trump et l’interventionnisme du président vis-à-vis de la Fed pour motiver sa décision.
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.

Guillaume Renouard, à Londres.