« On s’était préparé » : malgré la chute de la Bourse, le monde de la finance reste calme

Chaque annonce de Donald Trump fait bondir les marchés financiers.
BM - REUTERS - Brendan McDermid

Chaque annonce de Donald Trump fait bondir les marchés financiers.
BM - REUTERS - Brendan McDermid
Du jamais vu. Lundi 9 mars, dix jours après le début de l'offensive américaine en Iran, le cours du baril de pétrole (Brent et WTI) s'est envolé de plus de 30 % pour toucher les 118 dollars. Depuis le 28 février, début de la guerre, l'or noir a grimpé de 70 %.
Un mouvement d'une ampleur qui n'avait même pas été vu lors du début de la guerre en Ukraine et qui a fait lourdement chuter les Bourses asiatiques. Rien qu'entre lundi 2 mars et mercredi 4 mars l'indice coréen, le Kospi, a sombré de près de 19 %, avant de légèrement remonter cette semaine. Du côté européen, l'embrasement du Moyen-Orient a aussi fait chuter l'indice européen Stoxx 600 de 4 % et le CAC 40 de près de 6 %.
Pourtant, quand on interroge les banquiers de la place parisienne, c'est à peine s'ils semblent au courant de la tempête que viennent de connaître les marchés mondiaux. « La semaine a été calme, on a eu très peu d'appels de clients », confie le patron d'une banque privée.
Si les financiers ont pu partir en vacances tranquillement, c'est parce qu'ils étaient nombreux à avoir anticipé une baisse des marchés. « Après le rallye historique de l'année dernière, et les craintes d'un éclatement de la bulle de l'intelligence artificielle, nous avons pris nos bénéfices et rapatrié une grande partie de l'argent de nos clients sur des produits sans risque », explique Géraldine Métifeux, fondatrice du cabinet de gestion de patrimoine Alter Egale.
Une rotation de portefeuille qu'ont effectuée de nombreux gérants.
Reste qu'un retour du pétrole à des niveaux jamais vus depuis la crise énergétique de 2022 a de quoi donner des sueurs froides. Mais pas pour les experts interrogés. « Ce n'est pas à cause d'une semaine de hausse du pétrole que les entreprises dans notre portefeuille vont s'écrouler », ajoute un patron de banque privée.
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.

Et entre le coût astronomique de cette guerre et sa faible popularité aux États-Unis, aucun financier interrogé n'estime que l'actuel conflit pourrait durer plusieurs mois. « Il y a des revirements à 180 degrés de la part de Donald Trump tous les jours, donc en attendant, on continue d'investir sur nos thématiques de long terme », confie Emeric Blond, gérant actions chez Tailor AM. Le terme de « TACO » (pour « Trump se dégonfle toujours ») est plus que jamais dans la tête des investisseurs.
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