BCE, pétrole et dix ans français à 4% : comment la zone euro encaisse le choc
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Inflation importée, croissance fragile : la BCE est à la croisée des chemins. Le 23 juillet, elle doit choisir entre durcir le crédit face au choc énergétique ou préserver une économie européenne déjà affaiblie.
À la veille de la réunion du 23 juillet, la BCE doit choisir entre une nouvelle hausse de 25 points de base ou une pause, alors que l’inflation relancée par le pétrole importé dépasse 3%, que la croissance de la zone euro plafonne à 0,8-0,9% et que le dix ans français frôle désormais les 4%, au plus haut depuis 2009.
La BCE arrive à sa réunion du 23 juillet avec une économie européenne déjà affaiblie et une inflation relancée par le choc énergétique au Moyen-Orient, alors même qu’elle a relevé ses taux directeurs en juin à 2,25 % pour la facilité de dépôt, 2,40 % pour le refinancement et 2,65 % pour la facilité de prêt marginal.
Il s’agit de décider si la lutte contre une inflation attendue autour de 3 % en 2026, largement tirée par la facture énergétique, justifie de durcir encore le crédit dans une zone euro dont la croissance ne dépassera pas une fourchette proche de 0,8-0,9 % cette année.
En juin, la BCE a rouvert le cycle de hausse des taux pour la première fois depuis 2023, en augmentant ses trois taux directeurs de 25 points de base pour répondre à la remontée de l’inflation. Le taux de dépôt a ainsi été porté à 2,25 %, avec l’objectif explicite de contenir la progression des prix.
Dans le même mouvement, les projections d’inflation ont été relevées : la BCE anticipe désormais une inflation moyenne de 3,0 % en 2026, contre 2,6 % dans son précédent scénario, tout en prévoyant une croissance modeste autour de 0,8 % pour la zone euro.
Un choc d’inflation surtout importé
La poussée de l’inflation qui inquiète la BCE vient surtout de l’extérieur. La reprise des frappes au Moyen-Orient, les tensions autour du détroit d’Ormuz et la hausse du prix du pétrole renchérissent brutalement la facture énergétique européenne, sans que la demande intérieure soit en surchauffe.
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Ce type d’inflation importée frappe d’abord les prix des carburants, de l’électricité et les coûts de production, en réduisant le pouvoir d’achat des ménages et les marges des entreprises, avant même toute nouvelle hausse de taux. La Banque de France estime ainsi que la facture énergétique représente un prélèvement d’environ 2,5 % du PIB pour la France en 2026.