Craig Packer, directeur général de Blue Owl BDC, répond aux questions de CNBC sur le parquet du NYSE le 19 novembre 2025, alors que le géant du crédit privé se retrouve au centre de la tempête qui secoue un marché alternatif de 2 000 milliards de...
/FW1FP/Rod Nickel - REUTERS - Brendan McDermid
Le marché mondial du crédit privé vacille sous l'effet de retraits massifs et de défaillances en cascade, de First Brands à Tricolor. Cette crise de liquidité et de transparence force les géants BlackRock et Blackstone à geler les fonds, menaçant la stabilité du capital-investissement.
Les informations à retenir
Quelles sont les causes et les conséquences des tensions actuelles sur le marché du crédit privé ?
Le marché du crédit privé, estimé à 2 000 milliards de dollars, traverse une crise de confiance majeure due aux faillites de First Brands (10 milliards de dettes) et de Tricolor, ainsi qu'à l'implosion du prêteur MFS.
Les leaders du secteur (BlackRock, Blackstone, Morgan Stanley) ont instauré des limites de retraits face à l'afflux des demandes de rachats des investisseurs.
JPMorgan et Fifth Third subissent des dépréciations massives, révélant des failles dans le contrôle des risques et dans les valorisations des actifs technologiques.
Le marché du crédit privé, pilier du financement alternatif estimé à environ 2 000 milliards de dollars, traverse une phase de fortes turbulences. Après des années d’expansion continue, une série de défauts de paiement et de tensions sur la liquidité secoue les gestionnaires d’actifs mondiaux. Les investisseurs redoutent désormais un risque de contagion, alors que la transparence des valorisations est de plus en plus contestée.
Le mur des retraits frappe les géants de la gestion
La tension est devenue palpable début mars, lorsque Blackstone a signalé une hausse marquée des demandes de rachat sur certains véhicules de crédit privé, dont BCRED. Ce mouvement de défiance n'est pas isolé. BlackRock a, lui aussi, dû encadrer les sorties de capitaux face à une pression vendeuse inhabituelle.
Mercredi dernier, Morgan Stanley a rejoint ce front défensif en limitant les rachats après que les investisseurs ont tenté de retirer une part significative des actions en circulation. Ces mesures de cantonnement visent à préserver la liquidité des fonds, mais elles traduisent surtout une rupture nette de la confiance des souscripteurs.
Chez Blue Owl, la situation a pris un tour plus structurel. Le gestionnaire, qui pilote près de 300 milliards de dollars d’actifs, a renoncé à un projet de rapprochement entre certaines de ses entités cotées et non cotées. La direction a également durci les conditions de retrait pour la clientèle patrimoniale et engagé des cessions d’actifs afin de réduire l’endettement du groupe.
Faillites en série et failles du contrôle des risques
Le choc initial provient de l'effondrement du fabricant de pièces automobiles First Brands à l’automne 2025. Avec un passif dépassant les 10 milliards de dollars, cette banqueroute a mis en lumière l'exposition sensible de plusieurs banques de premier plan. Jefferies et UBS font face à des pertes de plusieurs millions de dollars, tandis que la banque Western Alliance a engagé des poursuites contre Jefferies pour un impayé de plus de 120 millions de dollars lié à ce dossier.
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