Les taux directeurs de la zone euro se situent dorénavant entre 2,25 % et 2,65 %.
La BCE annonce la fin de son cycle de baisse des taux. Ce jeudi, la Banque centrale européenne a annoncé remonter ses taux de 0,25 point de pourcentage. Une première depuis septembre 2023. D'ici quelques semaines, le taux de dépôt, qui fait référence, sera porté à 2,25 % quand le taux de refinancement et le taux de facilité de prêt marginal se situeront désormais respectivement à 2,40 % et 2,65 %.
C'est bien évidemment la flambée des prix de l'énergie qui a motivé le choix de la gardienne de l'euro. « Grâce à la décision prise aujourd'hui, le Conseil des gouverneurs reste en bonne position pour faire face à l'incertitude engendrée par la guerre », déclare le communiqué de décisions du jour. Pour rappel, le baril de pétrole Brent a fréquemment dépassé les 100 dollars depuis le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, le 28 février.
Une hausse surtout symbolique
Si la banque centrale a décidé de durcir les conditions de financement de la zone euro, «c’est avant tout pour montrer qu'elle est prête à intervenir et casser les anticipations d’inflation des marchés financiers», explique Anne-Sophie Alsif.
Inquiets d'une répercussion des prix de l'énergie sur ceux de l'alimentation et des services qui mettrait les économies du Vieux Continent à mal, les investisseurs ont demandé des primes plus élevées ces derniers mois pour prêter aux États et aux entreprises. Paradoxalement donc, en augmentant ses taux directeurs, la BCE pourrait donc faire diminuer les taux des obligations.
Cette hausse que les économistes qualifient de modeste ne devrait donc «avoir que peu d’impact sur les marchés d’actions», rassure Florent Delorme, stratégiste chez M&G.
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D'ailleurs, juste après l'annonce de la banque centrale, à 14 h 30, le CAC 40 s'affichait toujours en légère hausse quand le taux à 10 ans français s'affichait autour de 3,70 %, son niveau des derniers jours.
Vers un nouveau cycle de resserrement monétaire ?
Si les investisseurs ne sont pas inquiets de cette hausse, ils craignent en revanche le retour d'une politique d'un nouveau cycle de resserrement monétaire. Et pour cause, l'institution estime que l'inflation devrait accélérer à 3 % en 2026 (contre 2,6 % espérés plus tôt) tandis que l'économie de la zone euro devrait croître de 0,8 %, soit moins que les 0,9 % prévus en mars. Or des taux encore plus hauts pourraient tirer encore davantage la croissance à la baisse et fragiliser les entreprises et les États européens.
Mais, ce jeudi, Christine Lagarde a calmé les inquiétudes des analystes. Si la plupart des analystes s'attendent à une deuxième hausse au cours de l'année, « en qualifiant son orientation monétaire de "bien positionnée", la BCE pourrait laisser entendre qu'elle ne prépare pas de nouveau resserrement monétaire à ce stade », noteFelix Feather, économiste chez Aberdeen Investments.
Et surtout, « Christine Lagarde a rassuré en affirmant que la BCE ne va pas casser la croissance en augmentant ces taux et qu'il n'y a pas à s'inquiéter d'une récession pour le moment », estime le stratégiste indépendant Alexandre Hezez.