La BCE va relever ses taux directeurs, le marché se demande pourquoi
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La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a largement préparé le terrain à la hausse des taux en juin.
Reuters
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La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a largement préparé le terrain à la hausse des taux en juin.
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Il n’y a guère de place au doute : la Banque centrale européenne va relever ses taux directeurs de 25 points de base, lors de sa réunion de politique monétaire les 11 et 12 juin prochains, une première depuis près de trois ans. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, prépare le marché à cette hausse depuis la dernière réunion du 30 avril du conseil des gouverneurs, qui avait alors choisi le compromis du statu quo malgré la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient.
Ce serait une question de « crédibilité » pour l’institution européenne, pour reprendre l’expression d’Olli Rehn, le gouverneur de la banque centrale de Finlande. Le mantra est simple : ne pas répéter l’erreur de 2022, celle d’avoir trop tardé à monter les taux pour lutter contre l’inflation, jugée à l’époque « temporaire » à la suite de la réouverture post-Covid du monde.
La BCE a même laissé fleurir les anticipations de hausse de taux sur les marchés, à deux ou trois hausses d’ici la fin de l’année, sans essayer de calmer le jeu. Cette perspective de hausse ne fait pas l’unanimité, loin s’en faut. Sur les marchés, c’est même l’incompréhension, voire la colère, qui domine. « Ce n’est pas en augmentant ses taux que la BCE va rouvrir le détroit d’Ormuz », plaisante un gérant Taux pour souligner que l’action d’une banque centrale ne peut pas grand-chose face à un choc d’offre alors même que l’économie européenne donne de sérieux signes d’essoufflement, notamment sur les services. « La BCE monte ses taux pour prouver qu’elle existe », se plaint un autre gérant Taux.
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