La grande distribution se pose en défenseur du pouvoir d'achat face au risque d'une loi favorable à l’industrie agroalimentaire
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Affichage grande distribution
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Nouveau round dans la lutte médiatique que se livrent de plus en plus férocement agro-industriels et grands distributeurs. Après plusieurs prises de parole individuelles des patrons des enseignes pour réagir à un véhément rapport publié en mai par une commission sénatoriale et condamnant la guerre des prix, Carrefour, Intermarché et Leclerc lancent aujourd'hui une campagne d'affichage dans l'ensemble de leurs supermarchés afin de défendre leur pouvoir de négociation avec les grandes multinationales.
Le prix moyen d'un panier de douze produits présents sans interruption depuis cinq ans dans leurs magasins (Nutella, Coca-Cola, Volvic, etc.) y est comparé avec celui que les consommateurs auraient dû payer si la grande distribution ne l'avait pas négocié. Résultat, certifié par le cabinet de conseil Deloitte : la grande distribution a permis aux ménages de réduire leurs dépenses de 27 %, en le payant 52,12 euros au lieu de 71,49 euros. En tenant compte de la fréquence des achats des produits du panier, les économies sont de l'ordre de 700 euros par an, affirment les enseignes.
« Sans la capacité de la grande distribution à négocier avec les grandes multinationales, les prix seraient nettement plus élevés pour les consommateurs », conclut le PDG de Carrefour et président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), Alexandre Bompard, qui met en garde : « Toute décision qui affaiblirait encore plus notre capacité de négociation se traduirait en davantage d'inflation ».
Les distributeurs craignent notamment que leur pouvoir de négociation soit diminué par le projet de loi d'urgence agricole, qui doit être discuté à partir de la fin du mois en séance publique au Sénat. Un chapitre y est consacré aux relations entre les maillons de la chaîne. Et les sénatrices Antoinette Guhl et Anne-Catherine Loisier, respectivement rapporteure et présidente de la commission sénatoriale dont est issu le rapport, se montrent bien déterminées à profiter de l'occasion pour traduire en loi quelques-unes de leurs propositions venant à la rescousse des industriels.