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Climat

Pourquoi les prix bas du foncier viticole ne profitent pas aux jeunes qui veulent s'installer

Photo de Maxime Giraudeau

Maxime Giraudeau

Publié le 22 juin 2026 à 06:00

En Gironde, l'arrachage des vignes a débuté en 2024.

En Gironde, l'arrachage des vignes a débuté en 2024.

MG / LT

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Le marché des vignes n'en finit plus de dégringoler. De quoi créer des opportunités pour des jeunes qui cherchent à reconvertir des terres en Gironde. Mais tout reste à faire pour les accompagner, montre la Safer.

C’est une courbe qui suit celle de la consommation de vin. La valeur totale des ventes de foncier viticole a plongé de 25 % l’an dernier en Nouvelle-Aquitaine, comme le révèle la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer). L’indicateur tombe à 194 millions d’euros, du jamais vu, alors même que le nombre de ventes se stabilise.

Traduction : le prix de l’hectare de vigne continue sa chute dans la région, en particulier dans le Bordelais . « Des territoires viticoles continuent de s’effondrer, et en premier lieu la Gironde », commente Philippe Tuzelet, directeur de la Safer Nouvelle-Aquitaine. La valeur totale des transactions a ainsi fondu de 47 % sur une seule année alors que, là aussi, leur nombre s’est maintenu ! Un phénomène d’autant plus inquiétant que les valeurs des terres sont restées stables au plan national.

Des filières à créer

Une des raisons réside dans la politique d’arrachage qui s’est poursuivie en 2025, amenant certains domaines à supprimer leurs vignes et à mettre leurs parcelles nues sur le marché. En seulement deux ans, la plupart des appellations d’entrée et moyenne gamme ont perdu 25 à 50 % en valeur foncière à l’hectare, comme Bordeaux rouge et blanc, Blaye-Côtes de Bordeaux ou Côtes de Bourg.

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Dans le Cognaçais, les prix ont été divisés par deux à trois dans tous les crus. « La situation est assez catastrophique, notamment pour ceux qui ont investi ces cinq dernières années », appuie Sylvie Massacré, directrice de la Safer en Charente.

Par opposition, la dégringolade crée un effet d’opportunité. « Côté foncier, le contexte est propice à l’installation. Il y a de réelles opportunités mais il y a beaucoup de choses à mettre en place pour organiser des filières. On pense par exemple à la volaille, qui est un marché en demande en France », remarque Philippe Tuzelet. Des études ont été lancées pour évaluer l’intérêt de créer des filières autour des fruits à coque, du chanvre ou de l’olive.

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4 400 hectares candidats à un rachat par la foncière Gironde Avenir
Les chiffres du premier appel à manifestations pour céder des parcelles de vignes à la foncière publique-privée Gironde Avenir sont désormais connus. 430 dossiers ont été déposés pour environ 4 400 hectares répartis en plus de 6 600 parcelles. L'arrondissement de Langon concentre à lui seul 42 % des surfaces devant l'arrondissement de Libourne (34 %), et celui de Blaye (18 %). Les arrondissements de Bordeaux (3 %) et Lesparre-Médoc (3 %) ne sont concernés qu'à la marge. Sans surprise, 60 % des demandeurs sont des propriétaires exploitants qui partent en retraite ou qui réduisent ou cessent leur activité. Une trentaine d'administrateurs et mandataires judiciaires ont ainsi déposé, à eux seuls, environ 500 hectares.

Surfaces restreintes

Mais les perspectives, réelles, ne sont pas forcément saisies par le public agricole. « 78 % des acquéreurs girondins étaient des agriculteurs en 2019 sur le marché des terres et des prés. C’est seulement 45 % aujourd’hui », chiffre Michel Lachat, directeur de la Safer Gironde. « On n’a jamais vu autant de parcelles fleuries, ou de vignes et prés qui deviennent des terrains pour chevaux », observe-t-il. De quoi générer une mutation du foncier agricole vers d’autres activités économiques.

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Et pour les jeunes candidats à l’installation, le contexte économique global durcit les affaires. « On n’a jamais eu autant de mal à transmettre les exploitations, car la rentabilité s’est encore dégradée par rapport aux dernières années », coupe Hervé Olivier, directeur adjoint de la Safer régionale. « Des jeunes qui n’ont pas d’argent, pas de débouchés ne trouvent pas de banque pour leur prêter. La seule solution qu’on a pour les financer, c’est le système location-vente des terres auprès des collectivités. Mais au bout de cinq ans, les jeunes nous expliquent qu’ils ne peuvent pas les racheter », déroule-t-il. 

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Résultat, les installations se font sur des surfaces de plus en plus réduites. En Nouvelle-Aquitaine, la Safer a participé à 261 projets d’installation en 2025. Et constate que les foncières qui mobilisent l’argent des particuliers pour financer ces dossiers, en leur promettant un retour sur investissement, ont un impact croissant. Ou quand l’accès aux terres devient soumis aux lois de la financiarisation.

Maxime Giraudeau

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