Chaque année, les discussions entre grandes marques et supermarchés déterminent une partie des prix que vous paierez. Malgré un contexte inflationniste moins lourd, de nouvelles pressions et règles s'imposent aux acteurs.
SM - REUTERS - Stephane Mahe
Les négociations commerciales annuelles entre les grandes enseignes de grande distribution et leurs fournisseurs de marques nationales s'ouvrent officiellement ce 1er décembre. Après plusieurs années de tensions exacerbées par la forte inflation, l'adoption d'une charte de bonne conduite fait espérer un apaisement. Mais d'autres éléments maintiennent la tension.
Les négociations commerciales seront-elles plus apaisées cette année? C'est ce qu'espèrent les grands distributeurs et leurs fournisseurs de grandes marques nationales, qui à partir du 1er décembre, comme tous les ans, commencent leurs pourparlers.
Selon la loi française, c'est, en effet, au plus tard à cette date que les distributeurs doivent avoir reçu les conditions générales de ventes (CGV) des industriels. À partir de ce moment une période de trois mois s'ouvre pendant laquelle ces CGV peuvent être négociées. Avant le 1er mars, cette phase doit aboutir à la conclusion d'un contrat, qui régira l'ensemble des relations commerciales (modalité de livraison, calendrier promotionnel…) entre les deux parties pendant un an, et qui déterminera en partie les prix en rayons.
Décélération de l'inflation
Toujours tendues, ces négociations l'ont encore plus été ces dernières années, à cause de la forte inflation alimentaire, qui a alourdi les charges de l'agro-industrie et relancé la guerre de prix entre distributeurs. Les diverses lois Egalim adoptées depuis 2018 afin de rééquilibrer les relations au profit notamment des producteurs, au lieu de calmer le jeu, ont ajouté des sujets de controverse.
Cette année, deux facteurs pourraient permettre un apaisement : la décélération de l'inflation, ainsi que, pour la première fois depuis sept ans, un environnement juridique constant, toute velléité de nouvelle loi Egalim ayant été gelée par les crises gouvernementale et budgétaire.
Mais d'autres éléments poussent les deux parties de ce duel annuel à se tenir sur la défensive. Les grands distributeurs, en compétition croissante entre eux, ne comptent pas lâcher sur la tentative d'obtenir des tarifs les plus bas possibles, tant que le prix reste l'un des premiers critères de choix des consommateurs. Les industriels se plaignent de leur côté de coûts de production toujours très élevés, et d'une érosion de leurs marges, mettant en danger leurs investissements et leur innovation.
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