Le grand retournement du conseil RSE

Après avoir été portée par l'explosion des demandes liées à la CSRD, la RSE est rattrapée par le retour de bâton d'une " bulle " qui s'est formée en quelques années.
IMAGO/HalfPoint Images via Reuters Connect

Après avoir été portée par l'explosion des demandes liées à la CSRD, la RSE est rattrapée par le retour de bâton d'une " bulle " qui s'est formée en quelques années.
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Le marché du conseil en RSE traverse une crise sans précédent après des années d’euphorie. Cabinets spécialisés comme grands acteurs du conseil et de l’audit subissent le ralentissement des commandes, le gel des recrutements et des réductions d’effectifs, parfois via des licenciements économiques ou des ruptures conventionnelles. Ekodev, Utopies, Auxilia, BL Évolution ou encore Quantis ont réduit la voilure, tandis que les Big Four réorientent certains consultants vers d’autres métiers. En cause : des entreprises plus prudentes, des budgets en baisse et une demande qui s’est contractée après l’essor rapide des sujets de transition écologique. Si quelques signaux de reprise apparaissent, le secteur doit désormais tourner la page de son âge d’or et retrouver un modèle plus durable.
Après avoir été portée par l’explosion des demandes liées à la CSRD, la RSE est rattrapée par le retour de bâton d’une « bulle » qui s’est formée en quelques années. Les cabinets de conseil ont massivement recruté pour accompagner les entreprises dans leur mise en conformité avant que le recul des ambitions réglementaires européennes, le ralentissement économique et la baisse des budgets ne provoquent un brutal coup d’arrêt. La vague attendue d’entreprises soumises aux nouvelles normes n’a finalement pas eu lieu, fragilisant un marché déjà confronté à la montée de l’intelligence artificielle et à l’automatisation de certaines prestations. Désormais, les acteurs du secteur cherchent à sortir d’une logique de conformité pour repositionner la transition écologique comme un levier stratégique de transformation des entreprises.
Après avoir été portée par la contrainte réglementaire et un vocabulaire très marqué « RSE », la transition écologique entre dans une nouvelle phase : celle de la performance économique et de la résilience des entreprises. Les cabinets de conseil adaptent leur discours pour convaincre des dirigeants désormais plus sensibles aux risques financiers, aux chaînes d’approvisionnement, à l’accès aux marchés ou aux exigences des financeurs qu’aux seuls enjeux environnementaux. La RSE ne disparaît donc pas, mais devient un sujet stratégique intégré aux métiers de l’entreprise, avec un nouveau rôle pour les directeurs financiers et une montée en puissance des notions de souveraineté, d’adaptation et de retour sur investissement. Ce virage impose aussi aux consultants de transformer leurs offres, leurs compétences et même leur vocabulaire, au risque de créer un décalage avec une partie des jeunes recrues attachées à une approche plus militante de la transition.