Dermatose bovine : Annie Genevard va réunir le « Parlement de l’élevage »
latribune.fr
Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, réunira mardi le " Parlement de l'élevage ", officiellement appelé Comité national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV).
LTD / Adnan Farzat / NurPhoto via AFP
Alors que la dermatose nodulaire bovine poursuit sa progression dans les élevages français, la ministre de l’Agriculture réunit mardi le « Parlement de l’élevage » pour trancher la stratégie sanitaire. En débat : une vaccination limitée aux zones infectées ou une protection généralisée du cheptel, au risque de fragiliser les exportations.
La stratégie sanitaire du gouvernement entre dans une zone de tension. Pour tenter d’endiguer la progression de la dermatose nodulaire bovine, Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, réunira mardi le « Parlement de l’élevage », officiellement appelé Comité national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV). L’objectif : arrêter une doctrine claire entre vaccination ciblée et vaccination généralisée.
Samedi, en déplacement dans le Doubs, la ministre de l’Agriculture a rappelé que « la vaccination est la meilleure des préventions », tout en assumant, pour l’instant, une stratégie limitée aux zones touchées. « Pour l’instant, on en est au combat dans les zones infectées. Les vaccins sont réservés aux zones qui connaissent les déficits. Mais la question d’une vaccination totale du cheptel français se pose. Elle est légitime », a-t-elle déclaré, selon Ici Besançon.
Le risque commercial d’une vaccination totale
Dimanche, sur TF1, Annie Genevard a toutefois nuancé cette ouverture. « Une vaccination totale dans un pays veut dire qu’il ne peut plus commercer. Si on adopte la vaccination totale, la France n’est plus considérée comme un pays indemne », a-t-elle prévenu. Or, a-t-elle souligné, « quasiment tous les éleveurs en France exportent ». Le CNOPSAV, qui rassemble syndicats, représentants de la profession, vétérinaires, instituts de recherche et acteurs de la filière, s’est déjà réuni en juillet et en octobre. La réunion de mardi devra permettre de trancher dans un climat de plus en plus conflictuel.
La dermatose nodulaire bovine, non transmissible à l’homme, se propage par les piqûres d’un petit insecte. « Nous avons eu un peu plus de 100 foyers. Nous avons en France 16 millions de têtes de bovins et nous avons abattu 0.02 % du cheptel, c’est-à-dire 3 000 animaux sur une centaine de foyers », a précisé la ministre, en défendant la stratégie actuelle d’abattage intégral des troupeaux dès qu’un cas est détecté.
Du côté des organisations professionnelles, la ligne gouvernementale est de plus en plus contestée. Bertrand Venteau, nouveau président de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, plaide pour un changement immédiat de méthode. « Il faut n’abattre que les animaux positifs, avec signes cliniques », estime-t-il. Et d’ajouter : « Pour le long terme, c’est maintenant qu’il faut déployer la vaccination, pour qu’au printemps, les troupeaux soient protégés. Il reste un mois pour se décider », a-t-il déclaré au JDD. La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, a de son côté appelé la semaine dernière à se mobiliser contre les abattages de masse, y compris d’animaux vaccinés, dénonçant une « stratégie autoritaire, injuste et inefficace ».
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