Eau: les collectivités locales se révoltent contre la loi d'urgence agricole
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La méga-bassine de Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres.
SM - REUTERS - STEPHANE MAHE
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La méga-bassine de Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres.
SM - REUTERS - STEPHANE MAHE
La réécriture sénatoriale a été la goutte de trop. Depuis l'adoption par la chambre haute, le 2 juillet, du Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (PLUPSA), les collectivités locales s'insurgent publiquement contre ce texte, qui menace à leurs yeux les fondements mêmes des politiques de l'eau en France.
« Cette loi est un véritable scandale (...) et porte en germe le risque d'un conflit social », résume Jean-François Débat, premier vice-président de l'association de collectivités Amorce. « Elle met l'agriculture avant tout et sans limites. Cette absence d'équilibre n'est pas acceptable », explique celui qui est également le maire de Bourg-en-Bresse.
Le mécontentement concerne l'ensemble des nombreuses dispositions du texte relatives à l'eau. Tout d'abord celles concernant sa gestion « quantitative », qui visent à faciliter le stockage de l'eau par les agriculteurs à des fins d'irrigation. Sans s'opposer au principe du stockage, les collectivités locales déplorent l'introduction par le Sénat d'un objectif de doublement des capacités destinées aux seuls usages agricoles d'ici à 2035, sans distinction selon les formes et les finalités. « Stocker, pour qui et pour quoi, cela ne se décrète pas au Sénat, mais se décide dans les territoires », tranche Thierry Burlot.