Incendies en Gironde et dans les Landes : 40.000 hectares brûlés, une ampleur « inédite »
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Le feu qui ravage le Sud-Ouest.
AFP - ROMAIN PERROCHEAU
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Le feu qui ravage le Sud-Ouest.
AFP - ROMAIN PERROCHEAU
Les tristes records tombent les uns après les autres en cet été caniculaire. Déjà historique par son ampleur, l'incendie qui ravage le Sud-Ouest n'en finit pas d'empiler les statistiques mortifères. Samedi à la mi-journée, le feu avait ravagé 40.000 hectares, d'après le ministère de l'Intérieur. Au total depuis le début de l'année, ce sont près de 98.000 hectares qui sont partis en fumée à cause d'incendies, ce qui est un « record historique ».
Rien que ces derniers jours, le titulaire du poste, Laurent Nuñez, établit à « près de 200.000 » le nombre de personnes qui ont dû être évacuées dans les zones du bassin d'Arcachon et de Biscarrosse, dont 167.000 pour la seule Gironde.
Dans ce département, le feu a déjà ravagé 40.000 hectares, et 57.000 personnes supplémentaires ont été évacuées dans la nuit de vendredi à samedi, s'ajoutant aux 110.000 contraintes de quitter leur logement ou lieu de vacances depuis mercredi. Le ministre de l'Intérieur a chiffré à 30.000 le nombre d'évacuations dans le département voisin des Landes, à l'issue d'un point de situation au centre opérationnel de la gestion interministérielle de crise (Cogic). Et selon la même source, « 54 sapeurs-pompiers blessés ont été pris en charge, dont neuf évacués, tous en urgence relative ».
Face à cette crise, SNCF Voyageurs a recommandé samedi de reporter les déplacements en train « prévus du samedi 25 au lundi 27 juillet » à destination des zones concernées par les incendies en Gironde et dans les Landes, assurant qu'annulation et report des billets sont possibles sans frais.
Cette décision a été prise « compte tenu de la situation exceptionnelle provoquée par les incendies en Gironde et dans les Landes », dans le « nord du bassin d'Arcachon et secteur de Biscarrosse », explique SNCF Voyageurs dans un communiqué samedi. Et ce, « à la demande du gouvernement qui souhaite limiter les flux entrants de voyageurs et afin de ne pas gêner les interventions des secours ».
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Le feu qui sévit depuis mercredi soir autour de Biscarrosse dans les Landes, au sud de celui qui embrase la Gironde, a brûlé 3.500 hectares, a-t-on appris auprès des pompiers qui espèrent le « fixer » samedi malgré des « vents tourbillonnants ».
Cet incendie a conduit, à ce stade, à l'évacuation d'environ 36.000 personnes, habitants de la commune et de celles voisines de Parentis-en-Born et Sanguinet, ainsi que les occupants de deux campings de la zone, très touristique.
« Deux Canadair sont attendus dans la journée et d'autres moyens aériens sont d'ores et déjà engagés, dont des Air Tractor portugais (qui peuvent écoper, NDLR) et qui peuvent faire des rotations courtes », a précisé à l'AFP le colonel Romain Moutard, du Service départemental d'incendie et de secours dans les Landes.
Au sol, des opérations de terrassement ont été réalisées pour ceinturer, sur 10 kilomètres, la lisière de la forêt où le feu est passé. « On racle le terrain pour former une bande de la largeur d'un bulldozer, entre le brûlé et le vert », a ajouté l'officier. « On a traité aussi 4 kilomètres de lisière avec des brûlures tactiques pour priver les flammes de combustible et empêcher une nouvelle progression ».
De son côté, l'évacuation de Bordeaux n'est « pas à l'ordre du jour » malgré l'incendie qui fait rage à une trentaine de kilomètres, a affirmé samedi Thomas Cazenave, maire de la ville où 5.000 à 6.000 personnes évacuées des communes alentour ont trouvé refuge.
« Les Bordelaises et les Bordelais ne se préparent pas à évacuer, nous ne sommes pas concernés par le plan d'évacuation » en cours à l'ouest de la ville, a souligné l'élu, lors d'un point presse au parc des expositions de Bordeaux transformé en centre d'accueil, avec lits de camp, points de restauration et postes de secours.
Un ordre d'évacuation à titre préventif a été lancé depuis vendredi soir dans sept nouvelles communes proches de Bordeaux. D'autres, proches du bassin d'Arcachon au sud, avaient déjà été évacuées dans l'une des plus vastes opérations jamais menées en France.
« Si demain on a besoin d'ouvrir d'autres centres, on a des options mais aujourd'hui on peut facilement passer de 5.000 à 10.000 (places d'hébergement, NDLR) et faire face à de nombreux cas de figure si jamais on devait étendre le périmètre d'évacuation sur la métropole », a déclaré le maire.
Au milieu des lits de camp et des cartons de vivres, des milliers d'évacués, angoissés par le devenir de leur maison ou interrompus dans leurs vacances, tentaient samedi de reprendre leurs esprits dans le centre d'accueil après avoir fui le feu qui ravage la Gironde.
La plupart des évacués, venus du bassin d'Arcachon et de communes proches de Bordeaux désormais menacées par le feu, sont arrivés dans la nuit, passée sur des lits de camp ou des tapis de sol. D'autres n'ont pas fermé l'œil.
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