La planète est entrée dans l’ère de la faillite hydrique, selon un récent rapport de l’Université des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé, qui pointe des dommages irréversibles multifactoriels dont la déforestation, la pollution, la dégradation des sols, etc. Environ 4 milliards de personnes, soit la moitié de la population mondiale, vivent dans des conditions de grave pénurie d’eau pendant au moins un mois par an, et près des trois quarts de la population mondiale vivent dans des pays classés comme dangereux pour l’eau. Comme le souligne le professeur Kaveh Madani, auteur de ce rapport, les signes de faillite hydrique sont partout, à Téhéran, où les sécheresses et l’utilisation non durable de l’eau ont épuisé les réservoirs dont dépend la capitale, jusqu’aux Etats-Unis où la demande en eau a dépassé les capacités du fleuve Colorado.
Dans ce contexte de crise mondiale de l’eau, l’entreprise catalane Tecnofil Industries, spécialisée dans la conception et la fabrication de matériel pour le captage et le traitement des eaux, a décroché un marché d’un million d’euros à Mayotte pour son projet d’usine de dessalement.
Mayotte traverse en effet une crise de l’eau majeure, liée à un déficit structurel de production d’eau qui touche l’ensemble du département. Installé en Petite-Terre, l’usine de dessalement de Padmanzi est limitée en capacité de production. Face à l’urgence des besoins, les autorités ont lancé la construction d’une usine de dessalement à Ironi Bé : elle doit permettre un rendement de 10 000 m3 d’eau potable par jour, soit plus de 25 % de ressource en eau pour les Mahorais. L’investissement se chiffre à plus de 100 millions d’euros. Mais le projet ne fait pas l’unanimité, les associations se mobilisent : Mayotte Nature Environnement, France nature Environnement et le Geopmay ont saisi la justice, craignant des risques pour la mangrove, le lagon et les stocks de poissons.