Une expérimentation d'une mission martienne est menée en ce moment à Toulouse pour analyser la cohésion des futurs équipages en vol d’exploration spatiale. L'intelligence artificielle vient notamment mesurer leur état physiologique.
Les écrans géants projettent des images de Mars, le sol est jonché de roche pour simuler la surface de la Planète rouge. Les astronautes d'un jour ont revêtu une combinaison. Des capteurs mesurent leur rythme cardiaque, des caméras filment leurs mouvements et leurs conversations sont enregistrées.
L'expérimentation est menée en ce moment à Toulouse depuis le centre de simulation SENS (Simulation environnementale et neurosensorielle) construit par le CHU de Toulouse. A l'origine voué à entraîner les professionnels de santé à la médecine de catastrophe dans un environnement ultra-réaliste à l'aide d'écrans géants, de diffusion de sons, d'odeurs et même la possibilité de générer de la neige, il est aussi utilisé pour des programmes de recherche.
Analyser la cohésion de l'équipage martien
A l'instar de cette simulation martienne menée en collaboration avec le CNES, le MEDES (le centre de médecine spatiale) dont l'objectif est d'analyser le travail en équipe chez les astronautes. Pour sa part, la société de conseil Human design Group utilise des algorithmes d'intelligence artificielle pour mesurer l'état physiologique des participants. L'objectif ici est d'évaluer la cohésion de groupe qui sera nécessaire dans l'optique de missions longue durée en orbite.
« L'équipage est composé de quatre personnes, qui ont l'habitude de travailler ou jouer ensemble. Ils vont simuler une sortie extra-véhiculaire avec pour mission de prélever des roches martiennes. Deux astronautes restent à l'intérieur de la capsule. Ils voient sur une tablette une synthèse de l'état physiologique de leurs camarades à l'extérieur et sont chargés de les guider dans leur mission qui sera ponctuée d'événements imprévus simulés grâce au dôme sensoriel », décrivent Daniel Lewkowicz et Emma Chabani, mobilisés sur le projet pour Human Design group.
« En analysant leurs conversations, l'algorithme donne un indicateur de similarité stylistique, autrement dit, s'ils utilisent le même langage. Grâce aux caméras, nous pouvons observer la synchronisation des actions. La fréquence cardiaque et respiratoire nous renseigne aussi sur l'état de synchronisation spontané des participants. En cas de réduction importante des variables de synchronie, la tablette peut envoyer un point de vigilance pour que le contrôle de mission soit informé d'une anomalie potentielle chez un des membres ».
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