Défense : après 83 jours de grève, le syndicat IAM défie toujours Boeing
latribune.fr
Le logo de Boeing et un graphique boursier en hausse sont visibles sur cette illustration. /Illustration prise le 26 juillet 2025/REUTERS/Dado Ruvic/Illustration - Le logo de Boeing et un graphique boursier en hausse - BOEING-RESULTS
Les adhérents du syndicat des machinistes (IAM), en grève depuis le 4 août dans plusieurs usines militaires de Boeing aux Etats-Unis, ont rejeté pour la quatrième fois, une proposition d'accord social de la direction sur une période de cinq ans.
Les adhérents du syndicat des machinistes (IAM), en grève depuis le 4 août (83 jours) dans plusieurs usines militaires de l'avionneur Boeing aux Etats-Unis, ont rejeté dimanche, pour la quatrième fois depuis fin juillet, une proposition d'accord social sur une période de cinq ans, a annoncé le syndicat. Sans donner le résultat du vote, qui s'est déroulé dimanche matin, l'IAM-District 837 a annoncé dans un communiqué que les plus de 3.200 grévistes avaient rejeté la dernière offre en date de Boeing, « envoyant un message clair selon lequel l'entreprise n'a pas réglé les principales priorités » des ouvriers. Boeing n'a pas réagi dans l'immédiat.
Cette offre remaniée avait été annoncée mercredi par le constructeur aéronautique à l'issue de plusieurs jours de négociations, sous l'égide d'une médiation fédérale. « Malheureusement, après avoir parlé pendant plusieurs semaines de votre processus démocratique, les dirigeants de l'IAM refusent de vous permettre de voter sur cette offre et d'avoir la chance de mettre un terme à la grève », avait affirmé mercredi Dan Gillian, responsable de la branche Boeing Air Dominance, dans un message adressé aux grévistes. Il assurait qu'en cas d'acceptation de cette offre, le travail pourrait reprendre d'ici mardi.
La direction de Boeing propose un paquet de mesures proposées : hausse générale de salaires (+45% en moyenne sur les cinq ans du contrat), primes diverses, octroi d'actions, améliorations de la couverture santé et des cotisations pour la retraite, augmentation des congés. Selon Boeing, la hausse salariale représente de 75.000 à 109.000 dollars sur cinq ans.
Une « insulte » pour les salariés
La direction du syndicat a finalement accepté jeudi de soumettre dimanche cette offre à ses adhérents, dont le feu vert est nécessaire pour que l'accord social puisse entrer en vigueur et ainsi mettre fin à la grève. « Boeing affirme qu'il a écouté ses employés - le résultat d'aujourd'hui prouve que ce n'est pas le cas », a aasuré le président de l'IAM International Brian Bryant, cité dans le communiqué. Il estime que cette proposition était une « insulte » envers les employés. Depuis le 4 août, environ 3.200 employés de sites à St.Louis et St.Charles dans le Missouri, et à Mascoutah dans l'Illinois, ont arrêté le travail. Dans ces usines, sont notamment fabriqués les avions de combat F-15 et F-18, le système de formation pour les pilotes T-7 Red Hawk, ainsi que le drone MQ-25.
Les négociateurs du groupe et du syndicat sont déjà tombés d'accord à plusieurs reprises depuis cet été sur un projet de contrat social mais les adhérents ont systématiquement voté non (27 juillet, 3 août, 12 septembre et, désormais, 26 octobre). En septembre, les adhérents d'IAM Internationalavaient élaboré et pré-ratifié leur propre offre en mettant l'accent sur leurs trois axes prioritaires (sécurité pour la retraite, hausses salariales, prime de ratification) mais celle-ci a été rejetée par l'avionneur.
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Boeing a activé le 4 septembre son plan de gestion de crise en cas de grève, lançant le recrutement d'ouvriers « permanents » pour remplacer les grévistes.
Début octobre, la seconde phase a été engagée : élargissement des catégories d'emplois concernées par ces recrutements et identification des tâches pouvant être effectuées « plus efficacement par des tiers », c'est-à-dire des sous-traitants.
Outre la perte de salaire, les grévistes devraient perdre leur couverture d'assurance maladie début novembre. Beaucoup ont pris un autre emploi pour subvenir à leurs besoins pendant cet arrêt de travail, l'aide financière versée par le syndicat étant assez réduite.