Spatial : le besoin en recrutement de la filière n’est pas que technologique
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La filière spatiale s'ouvre à des métiers et tous ne sont pas technologiques.
Rémi Benoit
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La filière spatiale s'ouvre à des métiers et tous ne sont pas technologiques.
Rémi Benoit
La dynamique COMETES est bel et bien amorcée. Officiellement lancé en mai 2025, le programme lauréat de l’AMI « Compétences et Métiers d’Avenir » du plan France 2030, doté d’une première enveloppe de 20 millions d’euros, vise à répondre aux forts enjeux de recrutement du secteur spatial. En France, celui-ci représente 52 600 emplois dont 40 000 sont situés hors Ile-de-France. En tête, bien entendu, l’Occitanie (18 800 personnes), premier bassin d’emplois du domaine, suivie par la Nouvelle Aquitaine (6 240) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (4 180). Un vivier de talents jugés toutefois limité alors même qu’une mutation stratégique de la filière s’opère, appelant des besoins nouveaux. Dès lors, l’ambition est de former d’ici à cinq ans 11 000 apprenants, de créer une dizaine de parcours en formation initiale et continue et de sensibiliser 300 000 personnes aux enjeux du spatial.
Dans le Sud, « un nouveau cursus sera proposé à horizon 2027 », assure Jeanick Brisswalter, président d’Université Côte d’Azur, l’un des 26 partenaires – essentiellement académiques – du programme COMETES. Fin novembre, ils étaient quelques-uns à phosphorer avec l’écosystème régional à Grasse à l’occasion des 4e Rencontres du Spatial. L’objectif : « Affiner les besoins pour trouver la bonne formule, celle qui permettra d’attirer et de fidéliser les étudiants tout en répondant parfaitement aux attentes des industriels du territoire. Les besoins d’un Thalès Alenia Space, géant des satellites, ne sont pas les mêmes qu’un Acri ou qu’un LuxCarta, spécialistes de la donnée, mais une chose est d’ores et déjà arrêtée, c’est l’importance de l’alternance. Les industriels sont à 200% pour. »
De manière générale, « le spatial a un besoin en digitalisation extrêmement important, tant du côté industriel, qui a pris beaucoup de retard en la matière, que du côté applicatif. Car une fois les données récupérées, il faut les traiter, les analyser, les qualifier. On parle ici d’intelligence artificielle, de traçabilité, de blockchain, de cybersécurité… des notions très technologiques, nouvelles pour le secteur et de surcroît soumises à des pressions concurrentielles de la part d’autres industries, elles aussi en demande », analyse Loïc Chanvillard, responsable de la filière spatiale au sein du pôle de compétitivité Safe, co-auteur avec le cabinet de conseil Helevato de l’étude Diag4Newspace dédiée aux compétences nécessaires à la transformation spatiale et industrielle en cours.