Dans la course aux microlanceurs tricolores, HyprSpace vise toujours un premier tir d’ici à la fin de l’année depuis la France métropolitaine. Si elle ne maîtrise pas complètement le calendrier, la start-up bordelaise de 150 salariés prépare déjà l’étape d’après, celle de l’industrialisation, qui sera tout aussi stratégique.D’ordinaire au centre de la pièce, le mini-lanceur Baguette One brille par son absence ce mardi 21 juillet dans le hangar d’HyprSpace au Haillan, près de Bordeaux. Benjamin Haddad, le ministre délégué à l’Europe venu visiter le site ce 21 juillet, ne pourra pas l’admirer puisque l’engin spatial est en transit de retour d’une nouvelle session d’essais techniques. « Nous avons achevé et réussi il y a quelques semaines une 4e campagne d’essais de notre moteur. Nous sommes toujours prêts à tirer en 2026 mais le calendrier dépendra des contraintes de calendrier de la Direction générale de l’armement », précise la direction de la start-up girondine.
Car c’est depuis un site d’essais de missiles de la DGA en France métropolitaine que ce tir suborbital se fera - soit à Biscarrosse, en Gironde, soit sur l’île du Levant, dans le Var - ce qui constituerait une première historique.
De 40 à 150 salariés en deux ans
Créée en 2021, HyprSpace est l’un des quatre lauréats de l’appel à projets France 2030 pour soutenir les micro-lanceurs aux côtés de MaïaSpace, une filiale d’ArianeGroup, de Latitude et de Sirius Space Services. Contrairement aux trois autres, HyprSpace a fait le choix singulier d’une propulsion hybride associant carburant solide et comburant liquide. « Cela nous permet d’avoir 20 à 30 fois moins de pièces qu’un moteur liquide classique et de fonctionner sans turbopompe, une pièce très complexe et très coûteuse », précise l’entreprise passée de 40 à 150 salariés en l’espace de deux ans.
Un choix qui a convaincu les investisseurs puisque la start-up a levé 21 millions d’euros l’an dernier et prévoit d’avancer en deux temps. D’abord avec son lanceur suborbital Baguette One pour s’adresser au marché des services en microgravité qui intéresse des entreprises de la défense, de la santé ou encore des biotechnologies. Puis, ensuite, avec son lanceur orbital complet Orbital Baguette One, doté de sept moteurs au premier étage et d’un huitième au second, pour mettre en orbite basse une charge de 250 kilos.