Les batteries lithium-ion de Saft montent à bord des sous-marins de Naval Group

Des batteries de Saft fabriquées à Bordeaux et destinées aux rames du futur TGV-M.
PC / La Tribune

Des batteries de Saft fabriquées à Bordeaux et destinées aux rames du futur TGV-M.
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L'année 2026 est parsemée d’événements marquants pour Saft sur terre, dans l’espace mais aussi sur les mers. Le constructeur français de batteries fête le 60e anniversaire de sa présence dans l’espace, à bord du satellite Spot en 1966, et équipera les nouvelles rames TGV-M d’Alstom qui entreront progressivement en service au second semestre. Dernièrement, c’est le marché de la défense qui lui offre de nouvelles perspectives industrielles. Filiale de TotalEnergies depuis 2016, Saft a été retenue ce 20 juillet pour équiper de batteries tous les futurs sous-marins de classe Scorpène et Barracuda fabriqués par Naval Group.
Si la relation est ancienne entre les deux industriels tricolores, la nouveauté vient surtout du choix de la technologie lithium-ion qui viendra remplacer les batteries plomb-acide utilisées jusqu’à présent dans les submersibles. Plus onéreuses et plus difficiles à recycler, les batteries lithium-ion offrent une meilleure durée de vie, une meilleure efficacité énergétique, un poids et une taille plus faibles ainsi qu’un pilotage plus intelligent.
Autant d’avantages particulièrement précieux pour les usages de Naval Group. Les sous-marins conventionnels, c’est-à-dire sans propulsion nucléaire, fonctionnent grâce à des batteries qu’ils doivent recharger régulièrement grâce à un groupe moteur diesel utilisable en surface. Une fois en plongée, le bâtiment fonctionne à 100 % grâce à l’électricité de ses batteries. La bascule sur le lithium-ion pourrait permettre de doubler voire tripler cette autonomie tout en réduisant les temps de charge pendant lesquels le sous-marin est exposé. Saft évoque ainsi « une autonomie accrue en immersion, des performances opérationnelles renforcées, une plus grande flexibilité des missions et une sécurité d’exploitation totale. »
Fruit d’une relation tissée depuis 20 ans, ce nouveau partenariat industriel s’explique aussi par les exigences de souveraineté de Naval Group. « Les cellules sont fabriquées à Nersac, près d’Angoulême, avant d’être assemblées en systèmes de batteries dans notre usine de Poitiers [où travaillent 600 salariés, NDLR]. Le tout s’appuie sur les travaux de R&D des équipes de Bordeaux. Cela garantit une fabrication 100 % française », détaille Richard Hague, vice-président commerce et marketing de Saft.
Qualifié de « contrat majeur » par le fabricant centenaire de batteries, cet accord, dont le montant est confidentiel, lui assurera de l’activité pour les cinq à dix prochaines années puisque plusieurs dizaines de sous-marins seront concernés. Pour Saft, c’est un nouveau pas dans le secteur de la défense où il est déjà présent depuis des années, tant dans les sous-marins que dans des véhicules blindés ou dans le programme du chasseur américain F-35.
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Quant au spatial, il n’est pas en reste puisque Saft équipe aussi le programme de constellation de 300 satellites Aurora de l’entreprise canadienne MDA Space et participe également au programme européen Exomars.