Après l’électricité, l’hydrogène et le recyclage du calcin, Saint-Gobain s’attaque au biométhane pour décarboner sa production de verre plat. Une phase de test, en cours avec GRDF et Methagora, confirme la possibilité technique du projet dans une stratégie de mix énergétique qui devra également trouver son équilibre économique.Après avoir présenté son partenariat avec l’américain LuxWall le 15 octobre dernier, Saint-Gobain Glass, entité du groupe consacrée à la production de verre plat à destination de l’industrie automobile, du bâtiment et du tertiaire, a présenté ce 16 octobre les premiers résultats d’une nouvelle expérimentation qu’elle mène pour décarboner sa production.
Sur son site isérois de Salaise-sur-Sanne (Isère), le groupe réalise depuis août dernier des tests d’injection de biométhane, dont le contenu carbone est six fois plus faible que dans le gaz naturel, afin de vérifier le potentiel de cette alternative au gaz fossile. Une première en Europe pour une usine float (méthode de production).
A lui seul, le site consomme plus de 380 GWh d'énergie, dont 340 GWh par an de gaz et émet 100 000 tonnes de CO2 : un chiffre qui tend à baisser autour des 90.000 tonnes, explique Emmanuel Bach, ingénieur R&D Process Eurofloat. « Il s’agit d’un des plus gros émetteurs du groupe », confirme Matthieu Jourdier, directeur Glass Industrie de Saint-Gobain Glass. Et deux autres unités de ce type, dotées des mêmes capacités, jalonnent le territoire.
Or, conformément au plan Climat, la feuille de route de Saint-Gobain prévoit une réduction des émissions de CO2 de 33% d’ici à 2030 et une neutralité carbone d’ici à 2050.
Hydrogène, électrique... Saint-Gobain fait la chasse au CO2
Eurofloat teste depuis quelques semaines l’injection de biométhane, issu de l’unité de méthanisation ultra locale de Methagora. Deux camions de biométhane, offrant chacun une capacité d’approvisionnement de 5.500 Normo m3 de gaz (issu du site de Methagora implanté à moins de 5 kilomètres) ont déjà été distribués, le troisième était en cours d’approvisionnement ce jeudi 16 octobre. Et les premiers résultats sont concluants, selon Saint-Gobain Glass.
« L’objectif était de valider techniquement que le gaz vert porté est sans impact sur la production. L’énergie est viable et utilisable », confirme Emmanuel Bach. « On sait aujourd'hui qu'on ne pourra pas faire un four de gaz à 100% électrique. Donc si on veut atteindre ce net zéro carbone, il faut absolument du gaz vert. C'est indispensable à notre feuille de route et à notre mix de carbone ».