Pour la filière de la pêche en Méditerranée, ce sont rarement de bonnes nouvelles qui proviennent de Bruxelles à chaque mois de décembre depuis l’instauration, en 2019, d’un règlement européen West Med 2 instaurant des mesures d’efforts de pêche aux navires français, italiens et espagnols sur cinq ans. « Chaque année, les mesures se sont renforcées pour améliorer l’état de deux espèces suivies au niveau scientifique : le merlu et le rouget », explique Perrine Cuvilliers, secrétaire générale de l’OP du Sud, une organisation de producteurs-pêcheurs qui réunit quelque 150 adhérents sur le littoral méditerranéen.
Car l’évaluation des stocks de ces deux espèces, véritables indicateurs, détermine les quotas de pêche annuels des 43 chalutiers de la façade. « Le merlu, le rouget et récemment les crevettes roses, sont les espèces suivies et pour lesquelles nous avons un historique de données qui permet des évaluations de stock. Les efforts demandés, la réduction du nombre de jours en mer notamment, permet d’atteindre le rendement maximum durable de ces espèces : c’est un indicateur de gestion de pêche qui permet l’exploitation d’une population à l’équilibre pour que le stock puisse continuer à se renouveler et que la pêche ne prélève pas au-delà des niveaux de durabilité », détaille celle qui porte la voix de toute une filière locale. Après cinq ans d’efforts, « nous avons réussi à atteindre le rendement maximum durable sur le rouget, mais pas sur le merlu, ce qui nécessite que nous poursuivions nos efforts ».