D'après une étude d'Allianz Trade, la production horaire en France diminue de 1,10 euro pour chaque degré au-dessus de 30.
Il n'y a pas que les corps qui souffrent de la vague de chaleur qui touche la France. C'est aussi le cas de l'économie. Selon une étude d'Allianz Trade publiée ce vendredi, la production horaire diminue d’environ 1,10 euro pour chaque degré dans la fourchette de 30 à 35.
« Le symptôme d’un choc climatique qui menace désormais directement la croissance européenne », indique Hazem Krichene, économiste senior climat chez Allianz et Allianz Trade.
240 milliards de dollars de pertes pour la France
Dans un scénario de crise dans lequel les cinq années les plus chaudes observées dans chaque pays entre 2014 et 2024 sont reproduites sur la période 2026-2030, Allianz Trade estime que les pertes cumulées de PIB implicites (2026-2030) pourraient atteindre 5 à 7 % pour les économies les plus exposées.
Cela reviendrait à 240 milliards de dollars pour la France, 354 milliards pour le Japon, 147 milliards pour l’Italie, 131 milliards pour l’Allemagne et 120 milliards pour l’Espagne.
« Sans transition rapide, qui engage adaptation climatique et neutralité carbone, ces phénomènes risquent de s’installer durablement comme un frein structurel à l’économie », ajoute Hazem Krichene.
Chute des recettes fiscales
La perte de production économique due à la chaleur réduit aussi les recettes fiscales. L'État français verrait ses recettes être réduites de 1,8 % quand elles chuteraient de 1,3 % pour l'Italie et l'Espagne et 0,7 % pour l'Allemagne.
En effet, les systèmes d’imposition progressive « font que les recettes ont tendance à baisser plus rapidement que la production elle-même », détaille Allianz Trade. Parallèlement, les transferts indexés sur l’inflation, les coûts de santé et la réparation d’urgence des infrastructures font augmenter les dépenses publiques.
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Les soldes budgétaires se détériorent d’environ 0,5 % du PIB par an en moyenne. L’Italie et l’Espagne risquent de dépasser (à nouveau) le plafond de déficit de Maastricht une fois les pressions liées à la chaleur prises en compte. La France, qui affiche déjà un déficit prévu de −4,9 % du PIB, fait face à une pression supplémentaire liée à la chaleur de 2,2 %.