"L’engouement populaire pour les Jeux olympiques de Paris pendant l’été 2024 ne s’est pas traduit par une augmentation nette des naissances en avril 2025, comme cela a pu être observé pour d’autres grands événements sportifs ", pointe l’Ined dans son...
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INFOGRAPHIES. La croissance naturelle dans l’Hexagone a été négative en 2024, une première depuis plus d’un siècle, relève l’Institut national d’études démographiques. Son rapport fait le point sur les statistiques de la natalité, du mariage, ou encore de l’immigration.
68,6 millions, c’est le nombre d’habitants en France au 1er janvier 2025. D’après le dernier rapport de l’Ined, l’Institut national d’études démographiques, la population française s’est accrue de 169 000 personnes en 2024. Une croissance démographique qui est « majoritairement attribuable au solde migratoire », relève le rapport.
Car pour la première fois depuis plus d’un siècle (hors guerre), la croissance naturelle, qui est la différence entre les naissances et les décès, a été légèrement négative en 2024 dans l’Hexagone. Ce qui signifie qu’il y a eu plus de décès (630 000) que de naissances (629 000) l’année dernière. Cette croissance devient néanmoins positive en prenant en compte les outremers, précise l’Ined. La tendance ne risque pas de s’inverser dans les prochaines années : « Si l’évolution future de la fécondité demeure incertaine, le nombre de décès ne pourra qu’augmenter dans les années à venir du fait de l’arrivée aux âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom », précise le rapport.
Situation démographique depuis 1982 (Crédits : La Tribune ; Source : Insee ; Graphique réalisé sur Flourish)
Une fécondité en baisse depuis plus de 10 ans
La fécondité en France diminue depuis 2011, selon l’Ined, et la tendance s’accélère ces dernières années. En 2024, les naissances ont même reculé de 2,8 %. « L’engouement populaire pour les Jeux olympiques de Paris pendant l’été 2024 ne s’est pas traduit par une augmentation nette des naissances en avril 2025, comme cela a pu être observé pour d’autres grands événements sportifs », indique l’Ined. Au 1er semestre de cette année, les naissances sont encore en baisse : – 2,8 % par rapport à l’année dernière.
Une chute des naissances qui est à chercher du côté des jeunes de 30 ans qui veulent moins d’enfants, mais aussi au fait que les générations en âge de procréer (celles comprises entre 1993 et 1997) sont moins nombreuses. Ainsi, « le passage de la fécondité française en dessous du seuil de renouvellement des générations est inexorable », estime le rapport. Une évolution liée également à « des changements de comportements (nouvelles façons de faire couple, rejet des normes procréatives imposées aux femmes), combinées à des transformations sociales (proportion accrue de diplômés du supérieur, crises du logement et de l’emploi) ».
Taux de fécondité par groupe d’âges depuis 1995 ("le taux de fécondité est le rapport du nombre de naissances vivantes de l’année à l’ensemble de la population féminine en âge de procréer" (INSEE) (Crédits : La Tribune ; Source : Insee ; Graphique réalisé avec Flourish)
Malgré ces chiffres en baisse, la France reste parmi les pays d’Europe où la fécondité est la plus importante. Elle arrive ainsi en première position sur le podium, juste devant l’Irlande. « La France est le seul pays de l’UE dont le renouvellement est assuré jusqu’aux générations du milieu des années 1980 », complète l’Ined.
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Par ailleurs, la fécondité dépend aussi des zones géographiques. Paris et la Corse-du-Sud sont les deux départements où elle est la plus basse. La natalité la plus élevée est à chercher du côté de la Seine-Saint-Denis et du Val-d’Oise. Elle est ainsi plus importante dans les zones rurales que dans les zones urbaines, et « varie graduellement selon l’éloignement du centre des pôles urbains importants », précise l’Ined. Diverses raisons sont mises en avant comme la composition sociodémographique, les étudiants et jeunes adultes étant surreprésentés dans les villes, ou encore le coût des logements et le manque d’espace dans les métropoles.
Les ruraux se marient plus que les urbains
Si la fécondité est en baisse, du côté des mariages, 247 000 ont été célébrés en 2024, d’après les dernières estimations, après 241 000 en 2023. « Cette recrudescence des mariages par rapport à la fin des années 2010 – qui semble se poursuivre en 2024 – correspond sans doute au rattrapage de mariages empêchés pendant la pandémie », indique l’Ined.
Les Pacs ont, eux, enregistré un record en 2022 (210 000) mais baissent légèrement en 2023 (204 000). Un mariage sur quatre concerne un couple déjà pacsé. L’âge moyen pour se marier est de plus en plus retardé. Il est de 36,6 ans pour les femmes et de 39,1 ans pour les hommes, toujours en 2023. « L’âge au mariage augmente, d’une part parce que le premier mariage survient de plus en plus tard, et, d’autre part parce que les remariages sont également plus tardifs », explique le rapport. Par ailleurs, les individus connaissent désormais plus d’une contractualisation d’union dans leur vie. Elle est de 1,079 union pour les hommes et de 1,06 pour les femmes.
Nombre de mariages et de Pacs depuis les années 2000 (Crédits : La Tribune, source : Insee, graphique réalisée sur Flourish)
Les différences sont aussi importantes en milieu rural où les habitants « sont plus enclins à se marier ». Plus largement, les ruraux vivent plus souvent en couple : plus de 76 % des femmes et 70 % des hommes de 20 à 64 ans dans une commune rurale vivent en couple contre 60 % des urbains.
Mais depuis 2017, le nombre de personnes mariées a diminué, alors que le nombre de personnes pacsées, mais aussi de célibataires a, lui, augmenté. « Être marié demeure la situation conjugale la plus courante à partir de 30 ans », précise toutefois le rapport.
Immigration : un flux d’entrées historiquement élevé en 2022
Enfin, les flux d’entrée en 2022 ont atteint 282 957 personnes pour des titres de séjour de plus d’un an, un plus haut depuis 2000. « Le flux d’entrée retrouve la tendance croissante entamée au début des années 2010 », souligne l’Ined. Parmi les principaux motifs d’immigration, les motifs familiaux arrivent en tête, suivis des motifs professionnels et d’études et enfin pour motif humanitaire (notamment les réfugiés). Les femmes sont aussi moins nombreuses puisque la part du total des titres délivrés à des femmes ne représente que 47,6 %.
À noter que la note n’analyse que les flux d’immigrations à partir des premiers titres de séjour d’au moins un an de ressortissants de pays tiers, et ne mesure pas les entrées physiques sur le territoire. Elle ne prend également pas en compte les ressortissants des pays membres de la zone euro, de la Suisse et du Royaume-Uni. Les étudiants étrangers sont, eux, comptabilisés.