« La loi n’est pas suffisante, il faut la renforcer d’urgence, ce n’est pas possible d’attendre l’automne pour faire ça », a déclaré ce vendredi la secrétaire générale de la CGT.
Les informations à retenir
La CGT monte au créneau sur le travail pendant les canicules
Face au risque des travailleurs face aux canicules, la CGT exige un durcissement législatif immédiat.
Mais le ministre du Travail souhaite plutôt des accords d’entreprise d’ici à la saison estivale 2027.
Jean-Pierre Farandou réclame aussi une réduction des distances de livraison et l’aménagement des horaires de course.
Une proposition pour adapter le monde professionnel à la canicule. La responsable de la CGT, Sophie Binet, a réclamé ce vendredi un changement d’urgence de la loi pour davantage protéger ceux qui travaillent sous de fortes chaleurs, tandis que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, espère des accords d’entreprise avant les canicules de 2027.
« La loi n’est pas suffisante, il faut la renforcer d’urgence, ce n’est pas possible d’attendre l’automne pour faire ça », a déclaré la secrétaire générale de la CGT, sur franceinfo.
Le ministre du Travail plaide pour des accords d'entreprise
Mais pour le ministre du Travail, « l’idée est de mettre en place des accords d’entreprise ». « Cela ne va pas être décrété depuis le niveau national », a estimé Jean-Pierre Farandou sur France Inter.
« Il y aura une partie cadrage national très très vite, cela peut durer un mois », a-t-il expliqué. Puis « fin octobre, tout cela doit descendre dans les secteurs, parce qu’on voit bien qu’il y a une réalité de chacun des métiers, (…) j’espère qu’en quelques mois, les partenaires sociaux arriveront à se mettre d’accord ».
« On aura des mesures avant la prochaine vague de canicule 2027 », a-t-il assuré.
Par ailleurs, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a plaidé ce vendredi pour que les plateformes de livraison prennent des « mesures » pour protéger leurs livreurs des fortes chaleurs. Invité sur France Inter, le ministre a indiqué avoir convoqué jeudi les responsables et syndicats des plateformes de livraison pour leur faire passer ce message : « Je leur ai dit : il faut vraiment prendre des mesures. »
Le but est « d’éviter au maximum les courses pendant les heures les plus chaudes, (de faire) des courses plus courtes, pas la peine de faire 15 kilomètres sur un bitume chaud, (avec) des poids de course raisonnables », a énuméré Jean-Pierre Farandou.
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Pourquoi Sophie Binet dit-elle que la loi n’est pas appliquée ?
Pour mémoire, un décret a renforcé en 2025 les obligations des entreprises avec l’établissement de plans de prévention en cas de fortes chaleurs et une gradation des mesures à prendre en fonction des seuils de vigilance de Météo-France. Mais actuellement « la loi n’est pas du tout appliquée », a dénoncé Sophie Binet.
Le ministre du Travail s’est félicité, pour sa part, qu’il n’y ait « jamais eu autant de contrôles », avec en juin « plus de 3 600 contrôles » de l’inspection du travail, qui peut émettre des mises en demeure aux entreprises. Celles-ci ont alors huit jours pour mettre des mesures en place. Mais « ces inspections ne peuvent pas déboucher sur des sanctions » immédiates, a critiqué la responsabilité de la CGT.
2 000 décès supplémentaires
L’agence Santé publique France a chiffré ce vendredi à plus de 2 000 le nombre de décès supplémentaires en France, lors de la semaine du 22 juin, sommet de la canicule exceptionnelle ayant frappé le pays, par rapport à la semaine précédente.
La CGT, qui de son côté recense au moins trois morts de travailleurs à cause de la dernière canicule, demande que soit également déterminé « le chiffre de la surmortalité au travail ».
Jeudi, la CFDT avait demandé, par la voix de sa numéro 1 Marylise Léon, que l’État rende obligatoire la tenue de négociations sur la chaleur dans les entreprises, afin d’avoir « de vrais plans d’action négociés d’ici au printemps 2027 ».