Guerre commerciale : face à la Chine, Bruxelles se dit prête à « toutes les éventualités »

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
REUTERS - Yves Herman

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
REUTERS - Yves Herman
L’Union européenne hausse le ton sans fermer la porte à la négociation. Alors que les discussions engagées avec Pékin pour désamorcer les tensions commerciales se poursuivent, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a averti vendredi que l’Europe était désormais prête à réagir si ces échanges n’aboutissaient pas.
Depuis Cork, en Irlande, la cheffe de l’exécutif européen a affiché une ligne de fermeté. « Le dialogue est essentiel mais il doit porter ses fruits », a-t-elle déclaré, insistant sur le fait que les Vingt-Sept étaient « prête[s] » à tous les scénarios.
Le message est clair : Bruxelles privilégie encore la voie diplomatique, mais entend désormais démontrer qu’elle dispose des moyens de défendre ses intérêts économiques si les négociations échouent. « Nous sommes, pour l’essentiel, préparés à toutes les éventualités : nous disposons de tous les leviers nécessaires et envisageons d’autres possibilités si besoin est », a précisé Ursula von der Leyen.
Ces déclarations interviennent alors que le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, et le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, ont engagé depuis lundi un cycle de discussions destiné à trouver une issue négociée aux différends commerciaux entre Bruxelles et Pékin.
L’objectif est d’aboutir à « de premiers résultats concrets » dès le mois d’octobre, à l’occasion du déplacement de Maros Sefcovic en Chine, à l’invitation de son homologue chinois. Un calendrier volontairement resserré, qui traduit l’impatience croissante des Européens face à des déséquilibres commerciaux jugés persistants.
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Derrière cette montée en puissance du discours européen se profile une préoccupation plus large : celle de protéger le marché unique contre des pratiques considérées comme faussant la concurrence. À l’occasion de ces discussions, l’Union européenne entend notamment dénoncer « la concurrence déloyale liée aux subventions » accordées par Pékin à ses entreprises ainsi que « le manque d’accès de nos entreprises au marché chinois », a rappelé Ursula von der Leyen.
Ces griefs ne sont pas nouveaux, mais ils prennent une importance particulière alors que plusieurs États membres réclament un renforcement de l’arsenal européen de défense commerciale afin de répondre plus rapidement aux distorsions de concurrence.
La pression est d’autant plus forte que le déséquilibre commercial continue de se creuser. Le déficit commercial de l’Union européenne avec la Chine dépasse désormais un milliard d’euros par jour, un niveau que Bruxelles attribue largement à des pratiques jugées déloyales de Pékin.
Dans ce contexte, la Commission européenne cherche à maintenir un équilibre délicat : préserver le dialogue avec son deuxième partenaire commercial tout en affichant sa capacité à recourir, si nécessaire, à des instruments de défense plus offensifs.