On a connu David Martinon ambassadeur en Afghanistan, contribuant à exfiltrer plus de 2 800 personnes en quelques jours, avant la prise du pouvoir par les Talibans. C’était en août 2022 et cela avait valu à celui qui avait déjà goûté aux Affaires étrangères en étant consul à Los Angeles, une certaine notoriété. L’année suivante, en septembre 2023, c’est en Afrique du Sud que David Martinon est nommé, avec une habilitation également pour le Lesotho et le Malawi. Une nouvelle expérience dans un pays au potentiel immense pour les entreprises françaises, dit-il. Dans le cadre de la conférence des ambassadeurs qui se tient chaque année, le voici en France, avec une mission spécifique, celle d’expliquer le métier, de faire aussi la promotion de la diplomatie française, de détailler le rôle du Quai d’Orsay. Une mission – qu’assurent également d’autres ambassadeurs – qu’il a choisi de mener à Marseille, pour diverses raisons explique-t-il, d’abord pour son jumelage historique avec Le Cap et puis pour ses grandes entreprises dont CMA CGM (actionnaire de La Tribune, NDLR), pour lesquelles l’Afrique du Sud revêt un intérêt stratégique.
LA TRIBUNE – Vous affirmez que l’Afrique du Sud dispose d’un potentiel que les entreprises françaises doivent exploiter. De quelle nature est ce potentiel ?
DAVID MARTINON – Il faut d’abord préciser que l’Afrique du Sud est l’économie la plus solide du continent africain, avec le PIB le plus important d’Afrique (de l’ordre de 400,26 milliards de dollars en 2025 selon la Banque mondiale, NDLR). C’est notre premier client et notre troisième fournisseur. De très beaux projets sont en train de se développer. Le Club Med est en train de finaliser les travaux de son resort, situé au nord de Durban, dans la province du KwaZulu-Natal (pour un investissement de 100 millions d’euros, NDLR), soit le plus gros investissement touristique en Afrique du Sud depuis le complexe de loisirs Sun City dans les années 80. Canal + vient de racheter le plus grand opérateur de télévision privée, MultiChoice Group, ce qui représente un investissement total de 3 milliards d’euros. Stellantis a toujours le projet d’ouvrir une usine à Port-Elizabeth pour fabriquer des voitures de marques françaises. Toutes les grandes entreprises françaises sont présentes en Afrique du Sud, que ce soient les énergéticiens, les industriels…