Dans la copie budgétaire déposée mardi 14 octobre au Parlement, le gouvernement espère récolter près de 14 milliards d’euros de recettes nouvelles l’année prochaine. À eux seuls, les contribuables les plus aisés supporteront 6,5 milliards d’euros de hausses d’impôts.13,7 milliards d’euros. C’est la hausse des prélèvements obligatoires prévue par le gouvernement Lecornu dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2026, présenté mardi 14 octobre au Parlement. Sans surprise, l’exécutif compte mettre les plus aisés à contribution. Il compte demander « un effort supplémentaire des contribuables disposant des moyens les plus importants, à hauteur de 6,5 milliards d’euros ». Mais cet effort sera élargi aux autres contribuables, notamment par « la rationalisation des niches fiscales et sociales de l’ordre de 5 milliards d’euros » ainsi que par « une stabilisation du barème de l’impôt sur le revenu (IR) et de la CSG pour 2,2 milliards d’euros ».
Mardi 13 octobre, le Haut conseil des finances publiques (HCFP) s'est montré sceptique quant aux mesures de recettes, qu'il juge « très peu documentées ». La Tribune revient sur les mesures fiscales les plus importantes prévues par le PLF 2026 :
- Prorogation de la contribution différentielle sur les hauts revenus
Mise en place dans la loi de finances 2025, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est prorogée d’une année. Elle concerne 20 000 contribuables et devrait rapporter 1,5 milliard d'euros l'année prochaine. Pour rappel, elle s’applique aux contribuables qui ont un revenu fiscal de référence (RFR) de 250 000 euros par an pour un célibataire et de 500 000 euros par an pour un couple. Son principe ? « Dès lors que le taux moyen d’imposition au titre de l’impôt sur le revenu et de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) sera inférieur à 20 % du revenu de référence, la CDHR sera appliquée pour atteindre ce niveau minimum d’imposition », précise le texte.
- Taxe sur le patrimoine financier des holdings patrimoniales
Annoncée dès le 23 septembre par La Tribune, la taxe sur le patrimoine financier des holdings patrimoniales est bien présente dans le PLF. Le gouvernement veut « s’assurer d’une juste contribution des personnes les plus fortunées qui recourent à ce type de montages » et s’attaque à la rétention de revenus non distribués. Concrètement, « la taxe s’applique aux holdings présentant un caractère patrimonial, eu égard à la prépondérance de leurs revenus passifs, et dans lesquelles une personne physique, entendu comme un cercle familial, détient au moins un tiers des droits », peut-on lire. Par ailleurs, les résidents français qui détiennent des holdings patrimoniales à l’étranger sont aussi concernés. Selon le Haut conseil des finances publiques, la prorogation de la CDHR et la création de la taxe sur les holdings pourraient rapporter 1,3 milliard d’euros. Le gouvernement la chiffre lui à 1 milliard d'euros.