La pandémie de Covid-19 a mis en lumière la précarité des étudiants en France. Et si la crise du logement affecte l’ensemble de la population, les près de trois millions d’étudiants que compte le pays y sont particulièrement exposés. « A l’échelle nationale, le réseau des CROUS loge 6% des étudiants », détaille Marc Bruant, directeur général du Crous Aix Marseille Avignon. Dans ce secteur géographique, le parc comprend plus de 11 000 lits pour 120 000 étudiants, soit la capacité de loger 9% de la masse étudiante. « Au début des années 2000, les objectifs qui nous avaient été fixés étaient de loger 10% des étudiants et un tiers de boursiers », poursuit-il.
Mais depuis les années 2000, le marché de l’immobilier a bien changé. « Massification de la masse étudiante, prix des logements qui augmentent, fortes tensions dans le parc privé », liste le directeur régional, « nous devons répondre à une demande forte et plus le marché du logement est tendu, plus il est tendu pour les étudiants ». Un contexte dans lequel l’offre de logement à destination des étudiants doit se massifier, mais aussi se réinventer. Et alors que le Premier ministre d’alors, François Bayrou, a annoncé, en janvier dernier, un plan gouvernemental visant à construire 45 000 nouveaux logements abordables sur les trois prochaines années, la Banque des territoires est venue soutenir cet objectif gouvernemental avec le programme national AGiLE : créer et réhabiliter 75 000 lits étudiants d’ici 2030. « C’est un programme pluriannuel de cinq ans qui cherche à booster la rénovation et la construction du logement social ou privé. Ainsi, nous nouons des partenariats avec les CROUS, les organismes de logement social, l’offre privée », indique Alexis Rouque, directeur régional Provence-Alpes-Côte d'Azur de la Banque des Territoires.