Le premier bailleur social de Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse dévoile son plan stratégique pour contrer la crise : construire 15 000 logements et en réhabiliter 10 300 d’ici 2030. Un programme qui s’inscrit pleinement dans la ligne voulue par le plan de relance du gouvernement.« Il y a un risque d’explosion sociale si nous ne prenons pas en compte la crise du logement », alerte tout de go Christine Fabresse, présidente du conseil d’administration d’Erilia, présidente du conseil d’administration du groupe Habitat en région ainsi que présidente du directoire de la Caisse d’Epargne CEPAC. Et d’asséner que la France est un pays avec davantage d’ambitions en termes de logement que de réalisations. « Trois millions de Français sont dans l’attente d’un logement social – 256 000 en Provence-Alpes-Côte d'Azur dont 16 000 de plus rien que l’année dernière. Seul un demandeur sur sept reçoit une réponse favorable et un logement », regrette celle qui dirige la 4e Entreprise Sociale pour l’Habitat de France et première société à mission dans le logement social, avec un parc de90 000 logements en France dans 36 départements.
Plan de relance : 2 millions de logements d’ici 2030
Mais la réponse à la crise a pris un tout autre tournant. Longtemps, le sujet du logement était un non sujet, à tel point qu’aux « dernières présidentielles, il n’y a pas eu un mot dessus ». Mais tout ça, c’était avant l’annonce, par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le 23 janvier dernier, d’un plan de relance du logement avec l’objectif de construire « 2 millions de logements d’ici à 2030 », soit « 400 000 par an ». Une annonce qui fait clairement passer le logement de sujet occulté à priorité, à l’heure où il revient au cœur du débat public. Enfin.
Jeu du hasard, Erilia construisait de son côté sa feuille de route stratégique, Inspire 2030. Qui s’inscrit pleinement dans l’orientation du plan du gouvernement puisqu’elle prévoit, entre autres, la construction de 15 000 logements d’ici 2030, soit plus de 400 productions par an, pour un investissement d’environ 2,7 milliards d’euros – un logement nécessitant 180 000 euros en moyenne. « Par rapport à il y a cinq ans, il y a une volonté généralisée de traiter les sujets du logement de manière massive. Le coup par coup, c’est fini. Nous sommes déjà en avance en 2025 puisque les 2 400 logements en 2027 sont atteints voire largement dépassés », précise Frédéric Lavergne, directeur général d’Erilia qui distille deux tiers de sa production en Provence-Alpes-Côte d'Azur, le reste en Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine. Mais produire ne veut pas forcément dire faire sortir de terre : pour aller plus vite et limiter l’impact environnemental, l’ESH fait du recyclage urbain avec l’acquisition-amélioration de 1000 logements d’ici 2030, de sorte à « les remettre dans le circuit et parc du bailleur social ».