Si les produits reconditionnés gagnent des parts de marché, ce secteur de plus en plus concurrencé fait face à des difficultés. Alors que les acteurs se disputent le gisement d'équipements reconditionnables, certains décident de changer de stratégie.Acheter d’occasion est devenu une tendance de fond. Selon une étude publiée cette année par l'institut Viavoice pour le collectif "On passe à la seconde", près d’un Français sur deux déclare aimer acheter de la seconde main (49%), un chiffre porté par des motivations avant tout économiques et écologiques.
Mieux encore, 70 % déclarent vouloir augmenter leur part d’achats d’occasion dans les années à venir. Cette habitude de consommation ne cesse de monter en puissance alors que l’inflation continue de peser sur le pouvoir d’achat. Encouragé par la loi Agec (anti-gaspillage pour une économie circulaire), le marché du reconditionnement est aujourd'hui en plein essor. Ce créneau porteur attise donc la convoitise de divers acteurs qui réparent des appareils électriques et électroniques avant de les revendre à des prix attractifs (entre -30% et -60% du prix du neuf) pour les consommateurs.
Un modèle vertueux qui a notamment donné des idées à certains grands distributeurs d'électroménager (Boulanger, Darty...) qui proposent désormais une offre reconditionnée, ce qui fait concurrence aux structures de l’économie sociale et solidaire. « Aujourd’hui, le gisement est insuffisant. C’est un peu la guerre, tout le monde veut ces volumes », indique à La Tribune Aurélie Fircowicz, directrice associée chez Murfy, une entreprise qui prolonge la durée de vie des appareils électroménagers. Guillaume Balas, le délégué général de la fédération Envie, acteur majeur du reconditionnement électroménager avec 215.140 équipements réemployés en 2024, voit quant à lui plutôt d’un mauvais œil cette concurrence supplémentaire qui appauvrit les gisements auxquels l’ESS peut avoir accès. « La grande distribution récupère la crème du gisement en se réservant les équipements les plus valorisables et, nous, nous devons exploiter un gisement de moindre qualité », s’agace-t-il.
Se recentrer
De quoi illustrer certaines difficultés du marché. Dans ce contexte, Murfy, qui se rêvait en champion français du reconditionnement, change de stratégie. La start-up francilienne, créée en 2018 et qui a tenté de faire de ce credo un modèle florissant, préfère aujourd’hui se recentrer sur son activité historique, la réparation d’appareils de gros électroménager.